Non, elle ne rentrera PAS au bout d’un mois.

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Ça fait un moment qu’on l’a compris, je crois. Non, elle ne rentrera pas au bout d’un mois. Fin du suspense. Ce blog, c’est 229 articles, 889 commentaires dont 880 de papa et maman et sept destinations. C’est aussi de belles rencontres entre geekettes. Beaucoup de découvertes, quelques déceptions, trop de muffins et quelques kilomètres de bonheur.

Depuis que je suis arrivée à Hong Kong, les projets se sont multipliés et le temps s’est accéléré. Mes posts sont de moins en moins fréquents. Oh, vous me voyez venir, hein?

C’est pas toi, c’est moi. Je change. La vie change.

Je passerai toujours vous faire un petit coucou pour vous raconter le jour où j’ai copiné avec un éléphant ou celui où j’ai rencontré un yéti. Suite aux menaces de dés-héritage de ma famille et à la prise d’otage du chien en menace, non, je ne fermerai pas ce blog. Il y aura toujours quelques posts en français. Mais maintenant, c’est par ici que ça se passe.

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Pourquoi un nouveau blog, tu me diras? Parce qu’en voyageant, tu rencontres des gens géniaux. En rentrant de mon trip, je vous raconte tout ça, mais les principaux concernés ne peuvent pas lire le français. Parce que ma pile de carnets de voyage n’a de cesse de grandir et qu’il serait temps de dépoussiérer tout ça et de ressortir mes illustrations. Parce qu’écrire en anglais, même avec trois fautes par mot, c’est un bon exercice. Et parce que Rentrera-t-elle est mignon, mais c’est un sacré bordel, il serait bon de refaire ça dans les règles de l’art. Organisé. Utile. Informatif. Propre. Avec des vrais morceaux de voyage à l’intérieur.

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Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #3

Voici le dernier épisode des escapades de Caroline en Amérique du Sud… Destination Chili.

Chili

Je n´arrive pas à me satisfaire d´une ville, d´une région ou même d´un pays. Je veux tout voir, toucher, sentir… Mettre mes sens en éveil et m’émerveiller.

Jusqu’à présent, la seule activité qui ait réussi à combiner tous ces éléments est le VOYAGE ! C´est donc dans cet état d´esprit que je me suis envolée pour le Chili. A moi la traversée de ses 4 300 km de longueur au rythme de la Cueca (musique traditionnelle chilienne). En avant toute !

Je commence mon périple par Putre. Village verdoyant bâti aux pieds des volcans Taapaca et Ancoma, et perché à 3 561 m d´altitude, il fut créé à l´époque coloniale. Je m´engage alors dans ses rues pavées à la recherche de ses trésors architecturaux. Grilles en fer forgé, portes en pierre et autres vestiges me transportent au XVIe siècle, date de sa fondation. Ce soir, je m´endors tôt, légèrement étourdie par l´altitude. Allez hop au lit ! Ça ira mieux demain !

Ma découverte de l´Altiplano continue avec la visite du Parc Lauca. Situé à l´est de la région d´Arica, il s´étend sur pas moins de 137 883 hectares de faune et de flore. Mes petites jambes s´aventurent à parcourir une mince partie de cette ancienne Réserve Mondiale de Biosphère. Je passe devant plusieurs volcans ! Ils sont tous endormis… Mais pour combien de temps ? Je vous conseille le Parinacota qui s´élève à 6 342 m. Saisie pas ces paysages de grande beauté, je décide de m´attarder sur le lac Chungará, l´un des plus hauts lacs du monde (4 570 m !) jusqu´au coucher du soleil… Sous mes yeux, un ciel rouge oranger qui dépose ses reflets sur le lac, saisissant ! Je sais déjà de quoi seront ponctués mes rêves sur le chemin pour San Pedro de Atacama…

Après une vingtaine heures de bus, je pose enfin mon backpack dans le village aride de San Pedro de Atacama. Attention bing bing bing !! A ne surtout pas confondre avec le désert d´Atacama dans lequel se trouve le village. Je m´enchante de son dynamisme communicatif du où vivent 5.000 âmes. Ses maisonnettes en adobe (brique de terre crue et de paille cuites au soleil) me charment et l´église San Pedro me rappelle l´époque coloniale.

Arrivée au marché artisanal, un amas de feuilles attire mon regard… Serait-ce ?!! Oui, le graal des montagnes est là, je le touche enfin : les feuilles de coca ! Manquantes à mon kit de survie, je m´en achète une poignée pour mes futures ascensions. Le lendemain, de bonne heure et de bonne humeur, je m´éloigne du village en direction de la Vallée de la Lune ou je passe devant des formes géologiques divertissantes. Mais le moment phare de cette excursion reste la montée de la Duna Mayor, haute dune de sable gris qui jouit d´une vue à 360 degrés sur la Vallée de Lune, le Salar d´Atacama et les volcans, WOW effect garanti !

Laguna Cejar 02, Salar de Atacama, Chili

Le Chili me fascine de plus en plus… Je me retrouve à Copiapó après 12 heures de bus. Nichée au centre du désert d´Atacama (pas le village… Cachái – tu vois), la ville minière m´accueille avec sa gare datant du XIXe siècle. La ville, ses églises et musées valent le détour mais je préfère en sortir pour aller m´amuser sur les quelques 240 km2 de dunes de sables qui s´étalent de la côte pacifique jusqu´à la Cordillère des Andes.

Après une bonne nuit de sommeil, je décide de visiter le Parc Nevado Tres Cruces. Je trouve une excursion et monte en voiture pour 150 km sur la route n° 31. Je suis bien contente d´avoir mes feuilles de coca en back-up. Eh oui, le parc se situe à 3 700 m d´altitude et couvre pas moins de 590 km2. La Laguna Santa Rosa et le sud du Salar Maricunga constituent les principaux attraits touristiques de la partie nord du parc. Je rentre à Copiapo pour la nuit, mon port de base depuis 2 jours. Dès le soleil levé, je quitte ma nouvelle région coup de cœur pour la côte pacifique. Ma destination ? Bahia Inglesa. A quelques kilomètres du port de pêche de Caldera, je profite d´une eau turquoise qui n´a rien à envier aux plages des Caraïbes !! Après mon premier bain dans l´océan Pacifique, je visite le nouveau parc paléontologique de la station balnéaire.

Bahia Inglesa, Copiapo, Chili

Depuis le début de mon voyage, j´attends avec excitation de découvrir Valparaiso. Sublimée par la poésie de Pablo Neruda, la ville mythique s´étend sur des collines pleines de charme auxquelles s´accrochent des maisons multicolores. Je me vois déjà m´installer dans l´une d´entre elles. Valparaiso m´enveloppe, je m´y sens bien !

Je poursuis ma visite en prenant le funiculaire El Peral qui me dépose sur le Paseo Yuguslavo de la colline Alegre. Perdue dans ce dédale de petites rues, j´accède enfin au Paseo Gervasoni ; façades peintes, escaliers colorés et vue sur Viña del Mar finissent de me charmer. Perchée sur mon petit nuage, je descends vers la ville basse par l´avenue Almirante Brown et ses rues commerçantes.

Valparaiso, Cerro Artilleria, Chili

Le soir venu, on m´invite à une quinta escarpée où les locaux dégustent l´asado traditionnel au son de la Cueca, musique traditionnel chilienne. Des couples de 7 à 77 ans se succèdent sur la piste, armés de leurs pañuelos, élément indispensable. Un ballet joyeux se déroule sous mes yeux. Ni une ni deux, je me lance sur la piste et me laisse emporter par la frénésie communicative de cette soirée mémorable, bacán (génial) !

Mon planning serré ne me permet pas de visiter les vallées de Casablanca ni de l´Aconcagua, prisées pour leurs caves.

Le lendemain, je prends le bus pour Santiago de Chile. Les reliefs bétonnés de la capitale chilienne se dessinent alors que je gagne la gare routière. Je m´arrête devant un panel de plans de la ville. Un attire mon regard : Tour 4 Tips, un concept sympa qui propose aux touristes de réaliser une visite de 3 heures. 2 tours sont proposés : lieux phares et le décalé. A la fin, les participants sont invités à donner la somme qu´ils souhaitent. Je choisis le premier. Rendez-vous à 15 heures devant le Musée des Beaux Arts avec mes guides Wally. Immanquables, ils portent un t-shirt rayé blanc et rouge comme dans les livres-jeux Où est Charlie ? Nous échangeons quelques banalités en attendant la dizaine de curieux ayant optés pour cette alternative aux classiques visites guidées.

Catedral Metropolitana, Santiago, Chili

Durant ces 3 heures, nous passons par le quartier Lastarria, les quartiers Paris – Londres, la Moneda, la Plaza de las Armas, la Santa Lucia, la Cathédrale de Santiago, le quartier Bella Vista et ses bars, le street-art… Les nombreuses haltes nous en apprennent toujours plus sur l´histoire du pays. Arrivés dans une galerie commerciale, nos guides nous surprennent en nous présentant les cafés con piernas. Quézaco ? Ces cafés proposent aux clients, plutôt masculins, d´être servis par des belles femmes parfois légèrement vêtues… Ah bah voyons !

Amateurs de vins, bonjour ! Multiples sont les lieux où savourer un cru chilien. Aux alentours de Santiago, la Vallée de Maipo abrite des bodegas spécialisées dans la production du cabernet sauvignon, cépage emblématique de la région. C´est ainsi que je visite la cave Concha y Toro fondée en 1883 et apprécie mon premier vin chilien dans un magnifique parc paysager.

Mon escale dans la région métropolitaine s´achève. Une nouvelle nuit de voyage. Demain, je me réveillerai en Patagonie des lacs. Au petit matin, Puerto Montt et son port me saluent. Les aficionados (moi comprise) de saumon sont servis, ici, la production du poisson est très développée ! Après mon déjeuner iodé, je m´élance vers le Parc National Alerce Andino. La forêt verte qui couvre 39 255 hectares accueille des cyprès de plus de 40 mètres mais aussi le copihue, fleur nationale du pays de couleur rouge. A 30 km de là, Puerto Varas, ville accueillante et dynamique (bars, restaurants, jardins, théâtre,…) au bord du lac Lianquihue. Près de ce dernier, un autre parc attire mon attention. Le parc Vicente Perez Rosales est le plus ancien du Chili et le plus saisissant ! Les cascades de Petrohué et le lac couleur émeraude Todos los Santos mettent la barre haute… A suivre !

En Patagonie des Lacs, l´Île de Chiloé est connue pour être la plus grande d´Amérique du Sud. Sur 180 km de long, habitants et visiteurs privilégiés se côtoient dans un environnement préservé de la modernité. Ainsi les maisons en bois et pilotis datent de la fin du XIXe siècle. Les chilotes prennent également soin de maintenir leurs traditions, notamment par des fêtes traditionnelles au cours de l´année.

Gourmande que je suis, j´ai savouré la spécialité locale, le curanto, savant mélange entre fruits de mer, viande et légumes, miam !!

L´ île abrite un parc national verdoyant portant son nom où se mêlent dunes, lagunes, grandes plages, faune et flore. Un petit conseil, pensez à prendre un imperméable sous le coude car il y pleut très souvent…

Cap vers le sud, je m´émerveille face à la belle dame nature qui défile jusqu’à mon arrivée à Puerto Natales. Dans cette province au doux nom d´Ultima Esperanza (Dernier Espoir), je parcours 115 km sur une route non goudronnée pour arriver au Parc Torres del Paine. Mon périple depuis les terres arides du Chili ne cesse de m´étonner. Je m´évade dans cette biosphère aux milles visages : forêts, vallées, montagnes, glaciers, cascades ainsi que les trois pics granitiques qui ont donnés leur nom au parc, tout cela dans un dégradé de couleurs. Mes sens bouillonnent, à gauche, à droite, chaque vue vaut son pesant d´or !

L´intention fait l´action ! A défaut d´être allée sur l´Île Rapa Nui, alias Île de Pâques, j´ai tout de même collecté quelques informations auprès de mes compagnons de voyage. Allez je les partage avec vous ! L´ île la plus isolée du monde est à 3 700 km des côtes chiliennes et recèle les trésors fascinants du peuple Rapanui. L´Île de Pâques surprend tout d´abord par son aéroport qui la traverse de par et d´autres entre le volcan Orango et la ville d´Hanga Roa.

Site archéologique à ciel ouvert, l’île compte 887 statues moaï dont la quasi-totalité ont été sculptées dans l´asphalte du Volcan Ranu Raraku.

Ile de Pâques, Chili

Il est conseillé de voir le volcan Ranu Kau, qui abrite un cratère de 2 500 m d´envergure où loge un lac profond de 200 m. Les photographes ne se feront pas prier pour capturer le spectacle des grottes proches du site Ana Kai Tangata.

Deux plages, l´une de sable rose Ovahe et l´autre de sable Anakena, se distinguent par la présence de deux sites archéologiques : l´Ahu Ature Huki et l´ahu Nau Nau.

Au fort héritage spirituel, l´Île de Pâques garde précieusement légendes et secrets qui contribuent à sa notoriété. Une chose est sûre, un jour j’írai !
Retrouver le guide de voyage complet sur le Chili sur le site de l’agence Chile Excepción.
Infos pratiques sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #2

Elle nous a donné envie de faire nos valises en nous racontant l’Argentine, Caroline est de retour ce mois-ci pour une nouvelle escapade en Amérique Latine…

Bolivia_1

Lorsque j’ai quitté la France pour l’Argentine, je me suis retrouvée seule face à moi-même. Je suis sortie de ma zone de confort. Fraîchement adulte, j’avais à nouveau 4 ans. Réapprendre à parler, intégrer de nouveaux codes et de nouvelles règles, se sociabiliser, voilà les défis de l’expatrié. Et puis au bout de 6 mois, 1 an, 3 ans, on se rend compte qu’on est complètement immergé dans son nouveau pays. Seuls encore les quelques bribes d’accent franchute et le sobriquet que vous ont donné vos amis locaux indiquent que vous n’êtes pas né ici, vous êtes la french porteña.

Laburo, gimnasio et asado rythment votre quotidien et les petites curiosités argentines ne vous surprennent plus autant qu’avant ? Serait-ce le début de la fin ? Pourtant, vous l’avez juré, l’Argentine, c’est hasta siempre. Et puis là, d’un coup, l’évidence s’impose : l’expatrié peut aussi voyager. Ce que dont vous avez besoin, c’est une bonne rasade de choc culturel. Bref, tout ça pour dire que j’ai pris mon sac dos et que je suis partie 3 semaines en Bolivie.

Après quelques heures d’avion, me voici dans le poumon vert de l’Amazonie, la terre natale du petit Mimi-Siku. Telle une citadine dans la jungle, je découvre un endroit préservé de la civilisation et de ses dérives. Adieu Facebook, Twitter et autres applications chronophages. Dans le parc national Amboró, je me sens l’âme d’une Indiana Jones face aux lianes qui barrent mon chemin. Les paysages et les animaux sauvages que je rencontre au fil des sentiers n’ont pas besoin de filtre Instagram pour m’émerveiller. Je ferme les yeux et me laisse bercer par la douce mélodie des cascades et le chant des toucans. Un singe curieux me sort de ma torpeur en essayant de me chiper mon goûter ! Le guide m’avait prévenu : ici, je suis soumise à la loi de la jungle, n’est pas Mowgli qui veut !

Cap au sud, à Tarija, le point de départ de la route des vins. Moins réputés que les grands crus argentins ou chiliens, les vins boliviens gagnent à être connus. J’enfourche mon VTT et dévale les vallées verdoyantes de Tarija. Premier arrêt dans une bodega et je déguste mon premier malbec bolivien, puis s’enchaînent d’autres caves et d’autres cabernet sauvignon, merlot, syrah… – l’abus d’alcool est dangereux pour la santé – Je suis surprise par leur arôme riche ; les vignerons m’expliquent que les vignes d’altitude sont exposées plus intensément aux rayons ultraviolets d’où cette saveur sucrée au palais. Avant de repartir vers d’autres contrées, je goûte à mon premier Poncho Negro, un mélange de singani, la liqueur nationale, et de Coca-Cola. Ça me change de mon sempiternelle Fernet Coca argentin !

Copacabana, Lac Titicaca, Bolivie 02 - Crédit Bolivia Excepcion

Je poursuis mon périple en direction de Sucre, la ville du sourire. Ville du sourire me dites-vous ? Peut-être parce-que ses murs d’un blanc étincelant rappellent étrangement les sourires ultra bright des publicités pour dentifrice ! Blague à part, Sucre est une charmante ville coloniale au patrimoine historique passionnant. Fondée au XVIe par les Espagnols, la « Ciudad blanca » fut le berceau des luttes révolutionnaires boliviennes. Première ville de Bolivie libérée du joug espagnol, elle prend le nom de son libérateur vénézuélien. En parcourant les ruelles de la ville, je découvre de somptueux édifices coloniaux comme la basilique San Francisco et l’église San Lazaro. Mais à Sucre, il n’y a pas que les murs qui sont blancs, les nuits le sont aussi ! Le soir venu, je me rends dans la calle Nicolas Ortiz à la recherche d’un endroit où siroter une bière. Bonne pioche, j’entre dans le Kultur Kafe Berlin où la musique folklorique bat son plein. Notre nuit se termine dans une peña, une boîte de nuit à la sauce bolivienne. Le dimanche, à une centaine de kilomètres de Sucre, le charmant village de Tarabuco accueille un des marchés les plus typiques de la région. J’en profite pour faire le plein d’étoffes colorées (aguayos), de pulls en alpaga et de feuilles de coca pour la suite du voyage. Une vraie caverne d’Ali Baba !

Proxima estación : Potosí. «Je suis la riche Potosí, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois » voilà ce qu’indique la pancarte à l’entrée de la cité minière. Le ton est donné. Ancienne Eldorado, Potosí fut autrefois l’une des villes les plus riches d’Amérique Latine. La raison ? La présence du Cerro Rico, la montagne qui surplombe la ville et qui durant des siècles a alimenté la couronne espagnole. Les réserves d’argent épuisées, les colons sont partis laissant la ville à l’abandon et les mines aux coopératives de mineurs. C’est avec émotion que je m’engouffre dans l’une des galeries souterraines taillées à coups de pics et de pioches par des indiens et des esclaves africains durant des siècles. Me voici dans l’univers de Germinal. Le corps courbé en deux, un casque et une lampe sur la tête et les pieds dans l’eau je tâche de m’orienter à travers le labyrinthe de la mine. Des gaz nocifs s’échappent des galeries, l’air y est presque irrespirable et il fait une chaleur insupportable. Arrivée au fond de la mine, nous offrons quelques feuilles de coca aux travailleurs des profondeurs ainsi que des offrandes à la Pachamama, la déesse de la terre. Très superstitieux, les mineurs croient aux dieux et aux diables. Impossible de rester insensible face aux conditions de travail de ces gamins boliviens. C’est sûrement le moment le plus marquant de mon voyage.

Laguna Verde, Bolivia

Autres moments forts de mon périple bolivien : le salar d’Uyuni. Le salar d’Uyuni, vous le connaissez déjà, vous l’avez vu sur les incroyables photos façon illusions d’optiques du compte Facebook de Régis, votre copain baroudeur. Longue de 12 500 km², cette immense étendue saline d’un blanc étincelant accueille les hordes de touristes désireux d’avoir eux aussi, une profile picture digne de Régis. Après avoir traversé les plateaux boliviens en 4×4, nous arrivons dans cet endroit féérique, au programme : étendue saline à perte de vue et blancheur immaculée. « Non, attends ! Mets-toi là, je te dis ! A droite, un peu plus à droite… Avance un peu, encore un peu. Oui, voilà ! » A l’instar des touristes (et de Régis), je veux aussi ma photo portrait. Après un tas de poses inimaginables, notre guide nous conduit jusqu’au cimetière des trains où rouillent au soleil une dizaine de locomotives et de wagons. Mais dans ma tête, je suis encore entre ciel et terre, à Uyuni.

Le Sud Lipez et la route des joyaux, rien que leurs noms font rêver…C’est au sud-ouest de la Bolivie, près du salar d’Uyuni que se cache cette région fascinante. Dans l’immensité de ces monts arides et désertique, les sites se succèdent et ne se ressemblent pas. Telle une palette de peintre, le désert de Dalí – il porte bien son nom – se pare de toutes sortes de couleurs surnaturelles. Il y a les eaux couleur rubis de la Laguna Colorada, les eaux nacrées de la Laguna Honda et les eaux couleur saphir de la Laguna Cañapa. Autour des oasis, les mouettes andines et les flamants roses viennent s’abreuver. On se croirait dans le Peuple migrateur ! Au détour de la route, on croise un lama solitaire comme pour nous rappeler qu’on est bien en Bolivie et non sur une autre planète.

Ile flottante,  lac Titicaca, Bolivie

Mon aventure bolivienne se termine à la frontière de la Bolivie et du Pérou, dans un endroit dont le nom m’a bien fait rire lorsque j’étais petite : le lac Titicaca. Niché à 3 800 m d’altitude, le lac Titicaca peut se targuer d’être le plus haut lac navigable du monde ! C’est à Copacabana (à ne pas confondre avec une célèbre plage brésilienne) que je pose mon sac à dos. Cette ville tranquille située aux abords du lac est un lieu de pèlerinage important en Bolivie. Elle accueille à Pâques, des milliers de pèlerins venus prier la Vierge Noire, symbole du fort syncrétisme religieux qui règne dans le pays. Je décide de visiter la Isla del Sol et embarque à bord d’un petit bateau. Le trajet est affreusement lent mais les paysages somptueux traversés en chemin me font prendre mon mal en patience. Une fois débarquée, je découvre les ruines de Pilkokaina ainsi que les escaliers de Yumani. Après ce voyage dans le temps, je me rends dans un petit restaurant avec vue sur le lac. Au menu, une sopa de mani, une soupe à base de cacahuètes, de pommes de terre et de viande de bœuf. Miam ! Avant de repartir, une tisseuse me raconte les légendes du lac. Certains prétendent qu’il abrite les vestiges de la cité d’Atlantide. Je reprends la route laissant derrière moi un lieu magique où le temps semble s’être arrêté.

Dernière halte à la Paz, la capitale la plus haute du monde avant de prendre mon avion pour Buenos Aires. Le tumulte qui règne dans la métropole me sort soudain de ma torpeur voyageuse, retour à la réalité. Je quitte un pays à l’authenticité rare, un savant mélange de paysages d’exception, de multiethnicité et de traditions ancestrales. Ça y est, j’ai eu ma rasade de choc culturel, je peux rentrer à la maison.

Pour continuer le voyage, vous pouvez consulter le guide de voyage en ligne de Bolivia Excepción sur www.bolivia-excepcion.com.

Un été à Hong Kong? Même pas chaud.

Cet été, il y a eu du sable, des cocktails et des escapades. Beaucoup de découvertes, et peu de temps pour vous en parler. Il y a cette nuit où on a nagé avec des poissons fluorescents. Et les hordes d’araignées. La Junk boat party, la balade sur l’île de Peng Chau et celle où on a vu la Chine, oh et le jour où on a essayé le longboard. Grand moment. Il faut que je vous raconte.

Résumé des épisodes précédents.

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lesplages
Pour ceux qui ont suivi, cet été, on a eu chaud. Dans le genre, 35°, 90% d’humidité, 7/24. Pour contrer à ce léger inconfort, il y a plusieurs solutions: le déshumidificateur, les green coconuts, un billet d’avion pour l’Antartique et les plages.

Puisqu’on a utilisé toutes nos vacances pour aller manger des sushis, on oublie les pingouins et on opte pour le reste.

Hong Kong regorge de surprises. A commencer par Peng Chau, petite île à quelques minutes au large de Lantau Island, où l’on a l’impression d’être perdu loin de tout, on y fait du vélo, on y croque du poisson séché et on visite le village. Et puis il y a Tung Ping Chau, là il faut être motivé, et se lever tôt pour un interminable trajet un bateau jusqu’à la frontière chinoise –ou presque-. L’île est calme, l’eau est transparente et le sable fin… Un vrai coin de paradis, si on fait abstraction des petits poissons qui viennent nous picoter la peau. Les coquins.

La découverte qui détrône toutes les autres, c’est de loin Tai Long Wan. Un morceau de paradis dans les eaux de Sai Kung –notre Thaïlande à nous-. En une courte balade sous un soleil de plomb, nous arrivons à un joli petit bout de plage. Bateaux, sable fin, paillotes… Quinze minutes plus tard, nous sommes au pied d’une belle cascade turquoise, où l’on peut sauter, se rafraîchir vraiment et s’offrir un massage cascade-sur-la-tête. Nous continuons le chemin au soleil couchant, pour arriver sur une plage immense, où l’on loue quelques tentes, on fait un feu de bois avec des marshmallows et on joue de la guitare cheveux au vent –Bon. Il n’y avait ni guitare ni marshmallows, mais des bières et des bouses de vaches pour allumer le feu.-. La baignade de nuit est fantastique : l’eau regorge de petits poissons fluorescents qui s’éclairent au contact de la peau, on se prend pour Pocahontas et on danse avec les lucioles.

Peng Chau, Lantau Island
Ferry, Central Pier 6, Hong Kong Island

Tung Ping Chau, Outlying Islands
MTR East Rail Station University, marcher 15 minutes jusque Ma Liu Shui Pier, prendre le Ferry.

Tai Long Wan, Sai Kung, New Territories
MTR Diamond Hill Station, Exit C2, bus 92 jusque Sai Kung bus terminus. Taxi devant le McDonald’s à Sai Kung Town ou minibus NR29 jusque Sai Wan Pavilion.

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longboard
On ne se contente pas de se la couler douce, à Hong Kong, on essaie des choses –et pas que des plages-. Le mois dernier, mon cher et tendre m’a embarquée dans une session de longboard entre mecs. J’ai réussi à motiver une autre blonde, ‘paraît que l’union fait la force. Nous voilà arnachées de nos casques, coudières et gants de jardinage, à l’assaut des belles routes de Lantau –Oui, enfin, d’une route. Ok, de 100m. Oui, bon 50.-. On y va pour le fun, avec un bouquin dans le sac en prévision d’une session bronzette dans l’herbe pour combler l’ennui pendant que les mecs jouent.

Que neni! On passera l’après-midi à se régaler sur nos planches à roulettes, à s’imaginer vivre en Australie et aller chercher le pain en longboard, et à manquer de chuter tous les trois mètres. Gros délire. A refaire absolument.

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piscine
Au top de la #todolist depuis des mois, nous avons enfin organisé une excursion jusqu’à la superbe Infinity Pool de Man Cheung Po.

Pour cela il faut se lever tôt, enchaîner bus et métro, puis s’engager dans une randonnée très trop exotique à travers la jungle Hong Kongaise. Oui, trop. Enfin, tout dépend de votre amour pour les araignées noires et jaunes à tendance flippante –vous connaissez le mien-. Cette piscine naturelle se mérite, puisque pendant deux heures de randonnées, c’est des centaines d’araignées que l’on croise, à notre droite dans les arbres, au-dessus de notre tête, oh et à gauche aussi, coucou…

Heureusement, une fois dans l’eau fraîche, on oublie vite Maétika et ses copines. L’endroit est sublime, c’est un réservoir en hauteur dans les montagnes, qui nous offre une bel effet à piscine à débordement naturelle ainsi que de grandes cascades. On est à des lumières de l’agitation de Wan Chai, il fait bon, on respire.

Tellement bon que j’y retournerai bien. Malgré l’épreuve Maétika. C’est pour dire.

Man Cheung Po’s Infinity Pool, Tai Po, Lantau Island
MTR Station Tung Chung, bus 11 from Tung Chung to Tai O.

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lesoirees
Cet été, c’était aussi des rencontres. Alors forcément, histoire de briser la glace… Quelques Caïpirinhas. Nous avons découvert de nouveaux rooftops, tous aussi impressionnants les uns que les autres. J’ai vu LKF et Lockart Rd comme jamais depuis que j’ai découvert les Ladies Night -très trouble-. Et j’ai enfin découvert ce dont tout le monde parle de l’apparition du soleil jusqu’à l’arrivée de l’automne… Les Junk Boat Parties. C’est très simple, tu prends un bateau, des dizaines de personnes, cinq fois plus de bières, de fromage, pain, cakes et autres gourmandises et tu files à Clearwater Bay pour une journée à picoler au soleil. Difficile d’avoir un jardin pour organiser des barbec’ à Hong Kong, alors on se débrouille comme on peut. Ça me va.

Oh, et comment vous parler des soirées de l’été sans citer le Nitro Circus show à Macau?! Et pas n’importe où, au casino Venetian. Le vrai, le grand, le sur-fake. Un vrai spectacle ! Même pour les gonzesses qui ne sont ni tatouées ni camionneuses. Si, si. Même que maintenant, je sais même qui c’est, Travis Pastrana.

Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #1

A chaque rencontre, chaque voyage, notre bucketlist n’a de cesse de s’allonger. J’ai trois voyages de retard, des kilos de photos à vous montrer et de belles découvertes à vous raconter. A Hong Kong, les jours défilent à une allure délirante, les projets s’enchaînent et le temps me manque pour vous parler de mes dernières escapades.

Ce mois-ci, nous partirons donc dans le sac à dos de Caroline, une amoureuse de l’Amérique Latine qui nous emmène découvrir ses terres mystérieuses et colorées. Je reviens très vite…

Pumamarca,-Nord-Ouest-Argentin

Ô toi voyageur qui a osé t’aventurer en terres argentines, ô toi baroudeur, ô toi expatrié, prépare-toi à susciter les interrogations de la nation soleil qui étonnée de ta présence te demandera « Mais pourquoi ? Mais pourquoi toi le Français*, toi qui viens du premier monde, as-tu décidé de poser tes bagages en Argentine ? » Si tu connais déjà la querida Argentina, tu sais très bien de quoi je te parle, nul doute que tu reconnaîtras ce qui rend ce pays si spécial dans les lignes que tu t’apprêtes à lire. Tu ne sais pas ce que signifie les termes buena onda, lunfardo** et asado ?

Allez viens, je t’emmène…

Tango à San Telmo

Avec sa voix forte, ses grands gestes et son « che boludo », l’Argentin se distingue aisément de ses congénères latino-américains. Cependant, le réduire à seulement son accent, sa gestuelle expressive et son langage fleuri ne serait qu’une vilaine caricature semblable aux descriptions parfois si sommaires des guides de voyage. Être Argentin c’est tout d’abord être issu d’un brassage de populations venant d’Italie, d’Espagne et de tout le reste de l’Europe. On n’oubliera pas de citer les communautés indiennes présentes depuis belle lurette sur le continent américain. L’Argentine est un véritable melting pot culturel et je peux te dire que l’Argentin, il en est fier de ses origines. La mère de grand papa était croate, le père de la novia (petite amie) a une grande tante française et la grand maman de la petite nièce de la voisine a des aïeux espagnols. Tu me suis toujours ?

L’Argentin est également réputé pour sa buena onda autrement dit, sa positive attitude. Grand adepte d’embrassades chaleureuses, il est toujours prêt à donner un coup de main. Et oui mesdames, bienvenue au pays du mâle avec un grand M, du Don Juan, du mateur pas discret, je vous aurais prévenu ! Autre caractéristique, l’Argentin est un touche à tout. Très curieux et nécessitant un quota d’heures de sommeil digne d’un chef d’état, le latin le plus européen d’Amérique du Sud (sobriquet qu’il aime parfois se donner et qui fait enrager ses voisins…) travaille, va à la fac, dépose les enfants à l’école, prépare l’asado dominical tout en prenant des cours de peinture, de claquettes, de tir à l’arc, de russe, de calligraphie et d’ipad (véridique). Pfiou…

Village-de-Humahuaca,-nord-ouest-argentin

Outre ses sympathiques habitants, l’Argentine c’est aussi des paysages grandioses dignes des plus grandes épopées, sans oublier une faune et une flore très diversifiées. Commençons par le nord-ouest argentin, aussi connu sous le nom de NOA. Avec ses roches, ses vallées et ses canyons rouges et ocres, difficile de ne pas penser au far west américain lorsqu’on franchit la Quebrada de Humahuaca et la Quebrada de las Conchas. La comparaison s’arrête ici car le nord ouest, c’est la simplicité et l’authenticité. Les villages pittoresques de Cachi et Cafayate en témoignent. Cette région est certainement un de mes plus beaux souvenirs de voyage.

Changement de décor, je t’invite maintenant à me suivre dans le sanctuaire de la baleine franche australe, la péninsule Valdés. C’est à Puerto Pyramides, entre juin et décembre, que le mammifère marin aux dimensions cyclopiennes vient compter fleurette à ses semblables puis mettre bas l’année suivante. A défaut de nager avec les dauphins tu pourras nager avec… des lions de mer ! Ca plonge, ça refait surface, ça mordille, ça tourne, ça replonge… On ne sait plus où donner de la tête face à ces affectueux chiens aquatiques. A ton tuba !

femelle-éléphant-de-mer,-péninsule-de-Valdes

Mais je ne pourrais pas parler de l’Argentine sans évoquer Buenos Aires, la capitale où il fait bon vivre. Premier bon point, son offre culturelle illimitée : musées, théâtres, cinémas, centres culturels… Impossible de s’ennuyer dans la métropole portègne. Les plus gourmands (gordito en espagnol) et les plus assoiffés (borracho, je vous laisse chercher la traduction…) seront ravies d’essayer ses nombreux bars et restaurants. On y mange de tout et à n’importe quelle heure ! Buenos Aires est une ville résolument éclectique avec des quartiers à l’identité bien définie : la Boca et ses maisons colorées façon carton-pâte ; San Telmo, ses antiquaires et ses rues pavées; Almagro, berceau de Carlos Gardel, le roi du tango; Palermo la it girl fashion et branchée ou encore Puerto Madero, tout en buildings et réserves vertes. Attention, tester Buenos Aires, c’est risquer de l’adopter… Alors, cap ou pas cap ?

Ttt-ttt-ttt… Ne me tente pas, Caroline…-

La Boca

Je m’adresse ici aux gorditos (si tu m’as bien suivi, tu devrais savoir ce que cela signifie !), les aficionados de la bonne chère, les purs, les durs, les vrais : ceux qui ne peuvent pas visiter un pays sans avoir goûté à toutes ses spécialités. Car oui, l’Argentine ravira les papilles de toutes les bouches gourmandes. Au nord, les plats ont des saveurs métissées entre locro (sorte de ragoût de viande et d’haricots blancs); tamal (préparation de viande et d’oignons le tout enveloppé dans une feuille de maïs) et empanadas salteñas (chaussons fourrés à la viande). Qué rico ! (Miam quoi). Les Argentins ont également un péché mignon, consommé à tous les âges, le dulce de leche ! Quésaco ? Véritable bombe calorique, cette gourmandise sucrée est l’équivalent de la confiture de lait. Viennoiseries, chocolats, gâteaux, biscuits… Le dulce de leche est vraiment partout !

Enfin, impossible de parler de la gastronomie argentine sans évoquer la viande de bœuf argentine : la carne argentina. Faux filet, saucisse, boudin noir… Végétariens, passez votre chemin ! Si tu es relativement buena onda (tu me suis toujours ?) tu seras peut-être invité à un asado, sorte de barbecue made in Argentina. Attention, pas touche au barbecue ! Ici, l’asado est presque une religion et le statut d’asador (le maître de maison) se mérite. Petite question pour terminer cette parenthèse culinaire. Sais-tu ce que l’équipe de football d’Argentine a apporté par centaine de kilos lors de la Coupe du Monde au Brésil? Tic tac tic tac… Tu sèches ? Il s’agit de yerba maté, sorte d’infusion énergisante très consommée par la population argentine. Ojo (attention) ! Son goût amer peut parfois surprendre…

Chutes-d'Iguazú

L’Argentine, c’est aussi des curiosités comme les promeneurs de chiens, les telos (auberges de transit), les supporters de football, la chirurgie esthétique… Mais ça, c’est une autre histoire…

Comme le dit les paroles d’un célèbre chant d’ambiance, « être Argentin, c’est un sentiment ». Alors, ô toi imprudent voyageur, oseras-tu poser tes valises dans ce pays aux charmes envoûtants?

 

* interchangeable avec un grand nombre de nationalités de l’hémisphère nord

** argot argentin

Pour continuer le voyage, vous pouvez consulter le guide de voyage en ligne d’Argentina Excepción sur www.argentina-excepcion.com.

Le Japon qui fait frémir les papilles

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Bien sûr, en arrivant, on a cherché un bar à sushis et on a bu du saké. Oui, c’était les meilleurs jamais mangé. Non, rien ne sera plus comme avant. Mais il n’y a pas que ça. Oh, non. Le Japon, croyez-le ou non Ô chers amis rien-ne-battra-jamais-la-gastronomie-française, le Japon, c’est bon.

Chaque plat est minutieusement préparé et présenté avec un raffinement et une délicatesse hors pair, servi avec le sourire. Je ne vous cache pas que nos débuts ont été douteux, ne sachant pas que placer sur le grill et que manger cru, avec des Japonais incapables de nous expliquer les choses en anglais, difficile de ne pas s’afficher en temps que blaireaux-touriste-qui-ont-vraiment-rien-compris. Mais on essaie, et on se régale.

Chaque jour, chaque repas était une nouvelle découverte, et ce pendant quinze délicieuses journées. Et ce Mesdemoiselles Mesdames, sans prendre un gramme. Parce qu’au Japon, on mange sain.

Si l’on oublie ce restaurant aux spécialités « boyaux et intestins » que nous avons fuit une fois les faits découverts, pas une mauvaise surprise sur cette trentaine de menus. Tempura, sushis, sashimis, ramen, hôtô noodles, yuba, soba, miso soup, glace au thé vert, au bambou, pêches du Mt Fuji et tant de douceurs dont j’ai oublié le nom étrange.

Bon appétit.

La zénitude à son apogée

Kyoto#1
Kyoto, c’était le grand point d’interrogation de notre voyage. On s’en fait une idée calme et authentique, sans trop savoir. Et la réalité vient dépasser notre imagination. Comme souvent, au Japon.

La ville nous accueille avec des petites ruelles calmes, quelques passants à vélo et une pluie fine qui vient rafraîchir l’atmosphère. Il est tôt, nous avons pris le Shinkansen au lever du soleil. La ville dort encore, notre ryokan est fermé, un adorable voisin se propose de garder nos sacs pour la journée.

Impatients à l’idée de découvrir la ville, nous partons nous perdre dans le joli quartier de Gion. Soyons honnêtes, nous ne trouverons pas le quartier tout de suite, il faudra d’abord nous perdre et tourner en rond plusieurs fois. On ne s’en plaindra pas, puisque sans mon magnifique sens de l’orientation*, nous ne serions jamais tombés sur cet immense restaurant au jardin magnifique. Que je vous remette en situation: je voyage à Kyoto avec mon papa –un amoureux des jardins japonais-. Ici, premier choc, bam, des bonsaïs plein les yeux. Superbe. Avant de le visiter, nous dégusterons un magnifique tempura, une spécialité japonaise, légumes croquants frits dans une pâte pas salée, simplement délicieuse. Le service se fait en kimono traditionnel, par un personnel d’une gentillesse incroyable. Une fois dans le jardin, une Kyotoïte nous propose une visite guidée du lieu pour finir cette découverte en beauté.

Nous parviendrons finalement à notre but quelques heures plus tard, émerveillés, au cœur de Gion. Ruelles étroites, magasins artisanaux, locaux en costumes traditionnels, maisons de thé, odeurs alléchantes… Tout y est, il nous faudra peu de temps pour tomber amoureux de l’endroit.

Kyoto est une ville à échelle humaine. Après avoir vécu à Jakarta et à Hong Kong, et après un séjour à Tokyo, autant dire que ce facteur a été plus qu’apprécié. Chaque jour, nous pouvions aller d’un point A à un point B en marchant, du moins en ce qui concerne le centre ville. Ce qui nous a permis de revenir plusieurs fois dans ce quartier que nous avons particulièrement apprécié.

Arashiyama sera notre première escapade dans la campagne Kyotoïte. Au programme, de superbes temples à n’en plus finir, des jardins –on ne s’en lasse pas-, et la célèbre forêt de bambous, où nous croiserons la première Geisha de notre vie –une rencontre si intimidante que je n’ai aucune image-.

Le Japon, c’est comme partout: les touristes sont tous réunis autour du même temple, un véritable bain de foule. Et il suffit de marcher cinq minutes pour se retrouver seul dans un havre de paix. Coup de cœur particulier pour le jardin de la villa Okochi Sanso, un acteur japonais qui a créé un coin de paradis avec vue imprenable sur la ville. Nous avons eu la chance de pouvoir déguster un thé et un gâteau au wasabi dans sa belle maison de thé.

Nous marcherons ainsi jusqu’à épuisement de nos pauvres pattes. Sur la route, nous croiserons un restaurant d’un calme religieux, où nous mangerons des pizzas aux œufs de saumon étonnamment bonnes. La gérante du restaurant nous offrira deux paquets de meringues (délicieuses) pour célébrer l’anniversaire d’ouverture du restaurant. Elle est pas belle, la vie?

Escapade suivante et très attendue: les jardins de Daikokuji. Je ne vous cache pas que le trajet sera laborieux. Trouver le bon bus, se tromper, chercher, descendre trop tôt, marcher dans le mauvais sens, faire demi tour…

Une fois enfin arrivés, nous sommes affamés, tous les restaurants sont fermés. Le désespoir commence à se ressentir, jusqu’à ce que nous tombions sur un petit restaurant de sushis tout en bois, sublime, et vide. La serveuse nous accueille avec le sourire, nous prendrons deux plateaux de sushis végétariens. Le maître sushis les prépare devant nous avec minutie et passion, c’est un véritable spectacle, tout en silence. Magnifique. BEST. SUSHIS. EVER. Oh. My. God. Ah. La. La.

Après cet instant gastronomique inoubliable, nous prenons enfin le chemin des plus beaux jardins du monde. Un rêve se réalise pour mon paternel. Vous avez déjà vu votre papa réaliser l’un de ses rêves? C’est beau. Aussi beau que les jardins. Assourdissant de beauté.

Difficile de quitter ce lieu magique. Nous y passerons une après-midi d’une délicieuse sérénité.

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Nous sommes ivres de découvertes, Kyoto nous comble de merveilles. Ce n’est pas terminé, au sud de la ville, nous partons explorer l’un des temples symboles de la région, Fushimi Inari Shrine.

Que vous connaissiez le Japon ou pas, vous avez sans doute déjà aperçu ces enfilades de toriis rouges cachés dans la forêt. Le paradis, nous passons des heures derrières nos objectifs, à shooter, à attendre l’instant où les touristes disparaissent, une seconde de calme, clac, ils reviennent, ils prennent la pause. Nous jouerons à cache-cache ainsi jusqu’au coucher de soleil, après quoi le temple sera déserté. Sublime.

Cet article n’en fini pas de splendeurs… Comment vous parler de Kyoto sans vous parler de Ponto Cho? L’une des plus belles ruelles d’Asie, si l’on en croit la rumeur. Que je ne mettrais pas en doute… Il vous faudra vous y rendre pour comprendre, il n’y aura pas d’images, j’étais trop occupée à chercher un restaurant de sushis pour shooter**.

Oh, et il faut que je vous parle du jour où on a été boire le thé avec l’Empereur.

Après s’être fait refouler la première fois –il faut s’enregistrer au préalable, passeport et paperasse, il est exigeant cet empereur-, nous avons été visiter le Palais. Peu habitués des visites guidées et foules de touristes-appareil-autour-du-cou, la découverte du groupe de 40 blaireaux nous effraiera au premier abord. Puis le Palais Impérial parviendra rapidement à nous charmer. Tout est immense, démesuré. Nous visiterons également Sento Gosho, le petit jardin de Monsieur. Visite guidée en japonais s’il vous plaît –rien de personnel, mais il ne faut pas nous en vouloir si on décroche, Mr le guide. Les jardins sont gigantesques, moins charmants que les jardins secs de Daikokuji, mais très impressionnants.

Nous finirons la journée dans Nothern Higashimaya, où je ferai preuve de générosité en offrant un buffet français à des centaines de moustiques, qui s’en donneront à cœur joie. Les temples sont superbes, difficile de dire combien nous en avons visité, ils sont tous uniques, ils ont chacun leur truc, on ne s’en lasse pas.

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Le séjour se terminera sur une découverte en or –ah, ah-, le Golden Pavillon, autrement appelé Kinkukaji temple. Pour l’occasion, nous avons commandé le soleil, qui viendra nous offrir la lumière parfaite qui va bien sur les murs dorés du temple.

Comme toujours, les jardins environnants sont sublimes, taillés à la pince à épiler, d’une rigueur japonaise légendaire.

Après près d’une semaine de temples ancestraux et de jardins centenaires, l’une des découvertes les plus surprenantes dans ce Kyoto traditionnel et authentique sera sa gare. Si on fait les malins avec notre jolie gare d’Avignon, les Japonais ont du niveau à Kyoto. Nous y passerons deux heures de photos graphiques à travers les nombreux escalators, étages, plateformes, vues, reflets… Jusqu’au jardin sur le rooftop, « The Happy Park ». Une oeuvre d’art architecturale.

Nous terminerons notre séjour dans la campagne, après un sublime trajet en train jusque Kurama. Nous grimpons jusqu’au temple, d’où nous profitons d’une vue imprenable sur les montagnes. Un bonheur. Nous continuerons pendant une bonne heure, traversant des forêts d’allumettes, des racines démesurées, d’étranges insectes et des centaines d’escaliers. Arrivés de l’autre côté de la montagne, nous sommes à Kibune, où des dizaines de restaurants traditionnels sont installés sur la rivières, pour un repas les pieds dans l’eau. Lanternes, kimonos et temples à gogo. Un condensé de traditions japonaises avant de s’envoler pour Hong Kong.

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*C’est héréditaire, j’y peux rien. Merci Maman ;)
**Non, vraiment, il faut que j’arrête de parler bouffe.

Take a walk on the wild side*

Après cinq jours de néons, de passages piétons et de métro, un week-end à la campagne ne pouvait être qu’apprécié. Surtout lorsqu’il s’agit de rencontrer le célèbre Fuji. Quelque peu timide en cette saison brumeuse, certes, mais ça ne l’empêche pas d’être beau**.

Nous sommes basés à Kawaguchiko, au bord du lac, pour deux jours de découvertes paisibles. A pieds, en mini-bus, en funiculaire ou en bateau, tous les moyens sont bons pour appréhender la région. Nous aurons le temps de nous perdre plusieurs fois, de goûter des plats coréens à tomber***, de tourner autour du lac Saiko et de jouer à cache-cache avec Fufu. La plus belle surprise du séjour restera le village japonais traditionnel aux maisons de chaume. On y croise des dizaines d’artistes, venus s’inspirer de la beauté du lieu. Nous visitons des maisons de thé et ryokans assourdissants de beauté.

Ici, on est seul, et au bout du monde.

*And the colored girls go. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo.
**Si vous préparez un voyage dans la région, je vous conseille d’éviter l’été pour voir le Mt Fuji. Sans son chapeau de neige, Fuji n’est plus vraiment Fuji. L’automne est sans doute une des saisons les plus colorées pour explorer le coin. L’hiver doit être sublime également.
***C’est officiel. Je suis incapable d’écrire un article sans parler bouffe.

Au pays du sushi levant – Kampaiiii !

Tokyo
J’étais à Tokyo. Tokyo. Le genre de destination tellement surréaliste qu’elle ne figurait même pas sur ma liste. Tellement incroyable, scintillante, surprenante, fascinante, abondante, excitante, belle.

Nos premiers pas ont été d’autant plus magiques, que notre avion s’est posé à l’aube. Nous avons donc découvert un Akihabara désertique et un Shibuyaaa on ne peut plus calme. Puis la ville s’est réveillée, les milliers de boutiques se sont ouvertes et nos yeux ont commencé à se perdre.

Le programme sera chaud et serré, pas question de faire les choses à moitié. Goûter un ramen –un régal- et un tempura –un régal-, et bien, sûr, des sashimis et des sushis –OMG-. A écrire ces mots, j’en salive. Indescriptible tellement ils étaient bons, raffinés, savoureux. Nous avons débarqué dans un de ces restaurants où tout est écrit en Japonais en demandant au chef de nous conseiller -et en priant pour que la note ne soit pas trop salée-. Quelle qualité, quel service. Chaque repas était une merveille, et ce durant tout notre séjour. Entre deux délices, il y a eu le célèbre carrefour de Shibuya, de jour et de nuit, puis les courses de fenwicks au marché au poisson, les siestes sous gazebos, le grandiose Meji Jingu, les prix hallucinants à Electric Town, les concerts de pop japonaise en pleine rue, et ce mariage traditionnel, et les parcs, le séjour dans un ryokan, la très originale Tokyo Tower, les toilettes avec simulateur de chasse d’eau pour éviter les ploufs, les boutiques qui me tendent les bras, les bassins de lotus, le sushi-bar, la mode excentrique des teenagers à Harajuku, le thé à n’en plus finir, le saké chaud et froid, Hello Kitty partout-partout-partout, le calme de Yanaka et le festif Kagurazaka, les kimonos multicolores, les merles bruyants qui donnent l’ambiance Hitchcock dans le parc de Ueno, le temple majestueux de Zojo-Ji, les moustiques kamikazes d’Atago-jinja, les mangas sur les murs, et Pikachu, qui n’a pas pris une ride.

Difficile de vous raconter ce séjour Tokyoïte, toutes les couleurs et tous les sons me reviennent en vrac, comme un énorme feu d’artifice avec des sushis à l’intérieur.

On m’avait conté les difficultés à voyager au Japon, dues à la barrière de la langue. J’avais lu que les japonais n’aimaient pas beaucoup les étrangers. Et nous sommes arrivés dans un pays où tout le monde se plie en quatre pour vous aider. Perdus à la recherche d’un quartier, nous demandons à un homme en plein shopping notre direction, il décide de nous y accompagner, abandonnant sa paire de chaussures soldée –ô sacrilège!– Nous rencontrons donc un local adorable, pour une balade de vingt minutes à travers Tokyo. Les jours suivants, nous découvrirons que ce n’est pas un cas isolé, nous croiserons beaucoup de gens qui nous aiderons, qu’ils parlent anglais ou pas. Nous échangerons également quelques mots de japonais avec un groupe de jeunes autour de quelques verres. Qui a dit qu’ils ne savaient pas faire la fête? Les gens sont très aimables et avenants. Je ne compte pas le nombre de bout de papiers griffonnés d’un plan avec les directions à prendre ainsi que la traduction en japonais ‘nous voulons aller là’ à présenter aux passants si on se re-perd, que m’ont dessiné les Tokyoïtes. Oui, on s’est perdu. Enfin, je me suis aussi perdue à Barcelone, à Londres et à Maubeuge. Oui, beaucoup de menus sont uniquement en japonais. C’est ce qu’on appelle un vrai dépaysement. Et c’est pour ça qu’on voyage.

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Oh, et comment vous parler du Japon sans son whisky?! Le hasard fait bien les choses, à deux pas de notre ryokan se trouve un bar, le Brown Sugar. Pour deux fans de Rolling Stones comme nous, pas question de passer à côté. J’y goûterai mon premier Nikka et commencerai ma formation sky jap. Une merveille. S’en suivra quelques autres dégustations au cours du séjour. Il y a encore du travail question formation, il va falloir être assidue.

Et il y a eu Shinjuku, quartier qui rendrait n’importe quelle fille qui se respecte dingue. Nous y avons déniché les meilleurs sashimis du monde –ce fameux restaurant où le chef à choisi pour nous, une soirée épique-. Des concerts en pleine rue, il y a à boire et à manger, mais de belles choses et surtout des gens adorables. De belles ruelles chargées de néons et oh, j’allais oublier, des boutiques. Assez pour vider mon compte bancaire en quelques heures. Heureusement, mes compagnons de voyage étaient plus branché whisky que shopping. Mais je n’en resterai pas là. J’ai déjà trouvé une volontaire pour y retourner en automne prochain. Affaire à suivre.

Oh et mon mari a eu un an de plus, il a fallu fêter ça avec le temple Senso-ji, une vue à couper le souffle depuis la Tokyo Sky Tree qui domine la ville, le temps de réaliser l’immensité de la ville, puis des dumplings sur Omote-Sando qui rendront nos papilles encore plus amoureuses du Japon qu’elles ne l’étaient déjà, et, pour finir en beauté, une nuit en Capsule Hôtel.

Arrivée à l’étage des femmes –strictement interdit aux hommes-, je découvre des capsules à n’en plus finir. On se croirait dans un film de science-fiction. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Arrivée aux douches… Un grand couloir avec, à gauche, des casiers et à droite, des bancs. Et deux japonaises à poil, aussi à l’aise que si elles étaient en jean. Puis, au fond à droite, un grand bain chaud, et des petites douchettes avec au sol un tabouret et une bassine, ainsi que savon et shampoing. Je cherche les douches privées, j’ouvre la porte du fond. Les toilettes. Je cherche, bêtement. Ah. Ahhhh. Ah, oui. Je vois. Très bien. Tout le monde à poil, prenons notre douche ensemble, frottons-nous le dos et brossons-nous les cheveux! Oui. Mais pourquoi pas, soyons locaux, vivons tout nu et buvons du saké.
Kampaiii* !

 

Mes musts pour 5 jours à Tokyo** :
Photographier l’excentrique Harajuku
Voir un mariage traditionnel à Meiji Jingu
Manger dans un sushi-bar
Traverser le carrefour de Shibuya
Dormir dans un hôtel Capsule
Écouter les concerts pop de Shinjuku
Flâner dans les shops d’Akihabara
Découvrir le marché au poisson

Séjourner dans un ryokan
Essayer un bon bar à whisky

Le ryokan -très propre, situé dans le quartier de Pikachu :
1/3 Residence Akihabara Yashiki – Tokyo
5-2-11 Sotokanda Chiyodaku Tokyo, Tokyo-to, 101-0021, Japon, ‎01 57 32 46 88

L’hôtel Capsule -cheap, en mode backpacker :
Capsule Inn Kinshicho – Tokyo
130-0013 Tokyo Prefecture, Sumida-ku, Kinshicho 2-6-3

*Cheers!
**Vite dit, il y a encore tellement de choses que je n’ai pas eu le temps de voir/tester/goûter/visiter…