Le Japon qui fait frémir les papilles

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Bien sûr, en arrivant, on a cherché un bar à sushis et on a bu du saké. Oui, c’était les meilleurs jamais mangé. Non, rien ne sera plus comme avant. Mais il n’y a pas que ça. Oh, non. Le Japon, croyez-le ou non Ô chers amis rien-ne-battra-jamais-la-gastronomie-française, le Japon, c’est bon.

Chaque plat est minutieusement préparé et présenté avec un raffinement et une délicatesse hors pair, servi avec le sourire. Je ne vous cache pas que nos débuts ont été douteux, ne sachant pas que placer sur le grill et que manger cru, avec des Japonais incapables de nous expliquer les choses en anglais, difficile de ne pas s’afficher en temps que blaireaux-touriste-qui-ont-vraiment-rien-compris. Mais on essaie, et on se régale.

Chaque jour, chaque repas était une nouvelle découverte, et ce pendant quinze délicieuses journées. Et ce Mesdemoiselles Mesdames, sans prendre un gramme. Parce qu’au Japon, on mange sain.

Si l’on oublie ce restaurant aux spécialités « boyaux et intestins » que nous avons fuit une fois les faits découverts, pas une mauvaise surprise sur cette trentaine de menus. Tempura, sushis, sashimis, ramen, hôtô noodles, yuba, soba, miso soup, glace au thé vert, au bambou, pêches du Mt Fuji et tant de douceurs dont j’ai oublié le nom étrange.

Bon appétit.

La zénitude à son apogée

Kyoto#1
Kyoto, c’était le grand point d’interrogation de notre voyage. On s’en fait une idée calme et authentique, sans trop savoir. Et la réalité vient dépasser notre imagination. Comme souvent, au Japon.

La ville nous accueille avec des petites ruelles calmes, quelques passants à vélo et une pluie fine qui vient rafraîchir l’atmosphère. Il est tôt, nous avons pris le Shinkansen au lever du soleil. La ville dort encore, notre ryokan est fermé, un adorable voisin se propose de garder nos sacs pour la journée.

Impatients à l’idée de découvrir la ville, nous partons nous perdre dans le joli quartier de Gion. Soyons honnêtes, nous ne trouverons pas le quartier tout de suite, il faudra d’abord nous perdre et tourner en rond plusieurs fois. On ne s’en plaindra pas, puisque sans mon magnifique sens de l’orientation*, nous ne serions jamais tombés sur cet immense restaurant au jardin magnifique. Que je vous remette en situation: je voyage à Kyoto avec mon papa –un amoureux des jardins japonais-. Ici, premier choc, bam, des bonsaïs plein les yeux. Superbe. Avant de le visiter, nous dégusterons un magnifique tempura, une spécialité japonaise, légumes croquants frits dans une pâte pas salée, simplement délicieuse. Le service se fait en kimono traditionnel, par un personnel d’une gentillesse incroyable. Une fois dans le jardin, une Kyotoïte nous propose une visite guidée du lieu pour finir cette découverte en beauté.

Nous parviendrons finalement à notre but quelques heures plus tard, émerveillés, au cœur de Gion. Ruelles étroites, magasins artisanaux, locaux en costumes traditionnels, maisons de thé, odeurs alléchantes… Tout y est, il nous faudra peu de temps pour tomber amoureux de l’endroit.

Kyoto est une ville à échelle humaine. Après avoir vécu à Jakarta et à Hong Kong, et après un séjour à Tokyo, autant dire que ce facteur a été plus qu’apprécié. Chaque jour, nous pouvions aller d’un point A à un point B en marchant, du moins en ce qui concerne le centre ville. Ce qui nous a permis de revenir plusieurs fois dans ce quartier que nous avons particulièrement apprécié.

Arashiyama sera notre première escapade dans la campagne Kyotoïte. Au programme, de superbes temples à n’en plus finir, des jardins –on ne s’en lasse pas-, et la célèbre forêt de bambous, où nous croiserons la première Geisha de notre vie –une rencontre si intimidante que je n’ai aucune image-.

Le Japon, c’est comme partout: les touristes sont tous réunis autour du même temple, un véritable bain de foule. Et il suffit de marcher cinq minutes pour se retrouver seul dans un havre de paix. Coup de cœur particulier pour le jardin de la villa Okochi Sanso, un acteur japonais qui a créé un coin de paradis avec vue imprenable sur la ville. Nous avons eu la chance de pouvoir déguster un thé et un gâteau au wasabi dans sa belle maison de thé.

Nous marcherons ainsi jusqu’à épuisement de nos pauvres pattes. Sur la route, nous croiserons un restaurant d’un calme religieux, où nous mangerons des pizzas aux œufs de saumon étonnamment bonnes. La gérante du restaurant nous offrira deux paquets de meringues (délicieuses) pour célébrer l’anniversaire d’ouverture du restaurant. Elle est pas belle, la vie?

Escapade suivante et très attendue: les jardins de Daikokuji. Je ne vous cache pas que le trajet sera laborieux. Trouver le bon bus, se tromper, chercher, descendre trop tôt, marcher dans le mauvais sens, faire demi tour…

Une fois enfin arrivés, nous sommes affamés, tous les restaurants sont fermés. Le désespoir commence à se ressentir, jusqu’à ce que nous tombions sur un petit restaurant de sushis tout en bois, sublime, et vide. La serveuse nous accueille avec le sourire, nous prendrons deux plateaux de sushis végétariens. Le maître sushis les prépare devant nous avec minutie et passion, c’est un véritable spectacle, tout en silence. Magnifique. BEST. SUSHIS. EVER. Oh. My. God. Ah. La. La.

Après cet instant gastronomique inoubliable, nous prenons enfin le chemin des plus beaux jardins du monde. Un rêve se réalise pour mon paternel. Vous avez déjà vu votre papa réaliser l’un de ses rêves? C’est beau. Aussi beau que les jardins. Assourdissant de beauté.

Difficile de quitter ce lieu magique. Nous y passerons une après-midi d’une délicieuse sérénité.

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Nous sommes ivres de découvertes, Kyoto nous comble de merveilles. Ce n’est pas terminé, au sud de la ville, nous partons explorer l’un des temples symboles de la région, Fushimi Inari Shrine.

Que vous connaissiez le Japon ou pas, vous avez sans doute déjà aperçu ces enfilades de toriis rouges cachés dans la forêt. Le paradis, nous passons des heures derrières nos objectifs, à shooter, à attendre l’instant où les touristes disparaissent, une seconde de calme, clac, ils reviennent, ils prennent la pause. Nous jouerons à cache-cache ainsi jusqu’au coucher de soleil, après quoi le temple sera déserté. Sublime.

Cet article n’en fini pas de splendeurs… Comment vous parler de Kyoto sans vous parler de Ponto Cho? L’une des plus belles ruelles d’Asie, si l’on en croit la rumeur. Que je ne mettrais pas en doute… Il vous faudra vous y rendre pour comprendre, il n’y aura pas d’images, j’étais trop occupée à chercher un restaurant de sushis pour shooter**.

Oh, et il faut que je vous parle du jour où on a été boire le thé avec l’Empereur.

Après s’être fait refouler la première fois –il faut s’enregistrer au préalable, passeport et paperasse, il est exigeant cet empereur-, nous avons été visiter le Palais. Peu habitués des visites guidées et foules de touristes-appareil-autour-du-cou, la découverte du groupe de 40 blaireaux nous effraiera au premier abord. Puis le Palais Impérial parviendra rapidement à nous charmer. Tout est immense, démesuré. Nous visiterons également Sento Gosho, le petit jardin de Monsieur. Visite guidée en japonais s’il vous plaît –rien de personnel, mais il ne faut pas nous en vouloir si on décroche, Mr le guide. Les jardins sont gigantesques, moins charmants que les jardins secs de Daikokuji, mais très impressionnants.

Nous finirons la journée dans Nothern Higashimaya, où je ferai preuve de générosité en offrant un buffet français à des centaines de moustiques, qui s’en donneront à cœur joie. Les temples sont superbes, difficile de dire combien nous en avons visité, ils sont tous uniques, ils ont chacun leur truc, on ne s’en lasse pas.

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Le séjour se terminera sur une découverte en or –ah, ah-, le Golden Pavillon, autrement appelé Kinkukaji temple. Pour l’occasion, nous avons commandé le soleil, qui viendra nous offrir la lumière parfaite qui va bien sur les murs dorés du temple.

Comme toujours, les jardins environnants sont sublimes, taillés à la pince à épiler, d’une rigueur japonaise légendaire.

Après près d’une semaine de temples ancestraux et de jardins centenaires, l’une des découvertes les plus surprenantes dans ce Kyoto traditionnel et authentique sera sa gare. Si on fait les malins avec notre jolie gare d’Avignon, les Japonais ont du niveau à Kyoto. Nous y passerons deux heures de photos graphiques à travers les nombreux escalators, étages, plateformes, vues, reflets… Jusqu’au jardin sur le rooftop, « The Happy Park ». Une oeuvre d’art architecturale.

Nous terminerons notre séjour dans la campagne, après un sublime trajet en train jusque Kurama. Nous grimpons jusqu’au temple, d’où nous profitons d’une vue imprenable sur les montagnes. Un bonheur. Nous continuerons pendant une bonne heure, traversant des forêts d’allumettes, des racines démesurées, d’étranges insectes et des centaines d’escaliers. Arrivés de l’autre côté de la montagne, nous sommes à Kibune, où des dizaines de restaurants traditionnels sont installés sur la rivières, pour un repas les pieds dans l’eau. Lanternes, kimonos et temples à gogo. Un condensé de traditions japonaises avant de s’envoler pour Hong Kong.

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*C’est héréditaire, j’y peux rien. Merci Maman ;)
**Non, vraiment, il faut que j’arrête de parler bouffe.

Take a walk on the wild side*

Après cinq jours de néons, de passages piétons et de métro, un week-end à la campagne ne pouvait être qu’apprécié. Surtout lorsqu’il s’agit de rencontrer le célèbre Fuji. Quelque peu timide en cette saison brumeuse, certes, mais ça ne l’empêche pas d’être beau**.

Nous sommes basés à Kawaguchiko, au bord du lac, pour deux jours de découvertes paisibles. A pieds, en mini-bus, en funiculaire ou en bateau, tous les moyens sont bons pour appréhender la région. Nous aurons le temps de nous perdre plusieurs fois, de goûter des plats coréens à tomber***, de tourner autour du lac Saiko et de jouer à cache-cache avec Fufu. La plus belle surprise du séjour restera le village japonais traditionnel aux maisons de chaume. On y croise des dizaines d’artistes, venus s’inspirer de la beauté du lieu. Nous visitons des maisons de thé et ryokans assourdissants de beauté.

Ici, on est seul, et au bout du monde.

*And the colored girls go. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo. Doo doo doo doo doo doo doo doo doo.
**Si vous préparez un voyage dans la région, je vous conseille d’éviter l’été pour voir le Mt Fuji. Sans son chapeau de neige, Fuji n’est plus vraiment Fuji. L’automne est sans doute une des saisons les plus colorées pour explorer le coin. L’hiver doit être sublime également.
***C’est officiel. Je suis incapable d’écrire un article sans parler bouffe.

Au pays du sushi levant – Kampaiiii !

Tokyo
J’étais à Tokyo. Tokyo. Le genre de destination tellement surréaliste qu’elle ne figurait même pas sur ma liste. Tellement incroyable, scintillante, surprenante, fascinante, abondante, excitante, belle.

Nos premiers pas ont été d’autant plus magiques, que notre avion s’est posé à l’aube. Nous avons donc découvert un Akihabara désertique et un Shibuyaaa on ne peut plus calme. Puis la ville s’est réveillée, les milliers de boutiques se sont ouvertes et nos yeux ont commencé à se perdre.

Le programme sera chaud et serré, pas question de faire les choses à moitié. Goûter un ramen –un régal- et un tempura –un régal-, et bien, sûr, des sashimis et des sushis –OMG-. A écrire ces mots, j’en salive. Indescriptible tellement ils étaient bons, raffinés, savoureux. Nous avons débarqué dans un de ces restaurants où tout est écrit en Japonais en demandant au chef de nous conseiller -et en priant pour que la note ne soit pas trop salée-. Quelle qualité, quel service. Chaque repas était une merveille, et ce durant tout notre séjour. Entre deux délices, il y a eu le célèbre carrefour de Shibuya, de jour et de nuit, puis les courses de fenwicks au marché au poisson, les siestes sous gazebos, le grandiose Meji Jingu, les prix hallucinants à Electric Town, les concerts de pop japonaise en pleine rue, et ce mariage traditionnel, et les parcs, le séjour dans un ryokan, la très originale Tokyo Tower, les toilettes avec simulateur de chasse d’eau pour éviter les ploufs, les boutiques qui me tendent les bras, les bassins de lotus, le sushi-bar, la mode excentrique des teenagers à Harajuku, le thé à n’en plus finir, le saké chaud et froid, Hello Kitty partout-partout-partout, le calme de Yanaka et le festif Kagurazaka, les kimonos multicolores, les merles bruyants qui donnent l’ambiance Hitchcock dans le parc de Ueno, le temple majestueux de Zojo-Ji, les moustiques kamikazes d’Atago-jinja, les mangas sur les murs, et Pikachu, qui n’a pas pris une ride.

Difficile de vous raconter ce séjour Tokyoïte, toutes les couleurs et tous les sons me reviennent en vrac, comme un énorme feu d’artifice avec des sushis à l’intérieur.

On m’avait conté les difficultés à voyager au Japon, dues à la barrière de la langue. J’avais lu que les japonais n’aimaient pas beaucoup les étrangers. Et nous sommes arrivés dans un pays où tout le monde se plie en quatre pour vous aider. Perdus à la recherche d’un quartier, nous demandons à un homme en plein shopping notre direction, il décide de nous y accompagner, abandonnant sa paire de chaussures soldée –ô sacrilège!– Nous rencontrons donc un local adorable, pour une balade de vingt minutes à travers Tokyo. Les jours suivants, nous découvrirons que ce n’est pas un cas isolé, nous croiserons beaucoup de gens qui nous aiderons, qu’ils parlent anglais ou pas. Nous échangerons également quelques mots de japonais avec un groupe de jeunes autour de quelques verres. Qui a dit qu’ils ne savaient pas faire la fête? Les gens sont très aimables et avenants. Je ne compte pas le nombre de bout de papiers griffonnés d’un plan avec les directions à prendre ainsi que la traduction en japonais ‘nous voulons aller là’ à présenter aux passants si on se re-perd, que m’ont dessiné les Tokyoïtes. Oui, on s’est perdu. Enfin, je me suis aussi perdue à Barcelone, à Londres et à Maubeuge. Oui, beaucoup de menus sont uniquement en japonais. C’est ce qu’on appelle un vrai dépaysement. Et c’est pour ça qu’on voyage.

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Oh, et comment vous parler du Japon sans son whisky?! Le hasard fait bien les choses, à deux pas de notre ryokan se trouve un bar, le Brown Sugar. Pour deux fans de Rolling Stones comme nous, pas question de passer à côté. J’y goûterai mon premier Nikka et commencerai ma formation sky jap. Une merveille. S’en suivra quelques autres dégustations au cours du séjour. Il y a encore du travail question formation, il va falloir être assidue.

Et il y a eu Shinjuku, quartier qui rendrait n’importe quelle fille qui se respecte dingue. Nous y avons déniché les meilleurs sashimis du monde –ce fameux restaurant où le chef à choisi pour nous, une soirée épique-. Des concerts en pleine rue, il y a à boire et à manger, mais de belles choses et surtout des gens adorables. De belles ruelles chargées de néons et oh, j’allais oublier, des boutiques. Assez pour vider mon compte bancaire en quelques heures. Heureusement, mes compagnons de voyage étaient plus branché whisky que shopping. Mais je n’en resterai pas là. J’ai déjà trouvé une volontaire pour y retourner en automne prochain. Affaire à suivre.

Oh et mon mari a eu un an de plus, il a fallu fêter ça avec le temple Senso-ji, une vue à couper le souffle depuis la Tokyo Sky Tree qui domine la ville, le temps de réaliser l’immensité de la ville, puis des dumplings sur Omote-Sando qui rendront nos papilles encore plus amoureuses du Japon qu’elles ne l’étaient déjà, et, pour finir en beauté, une nuit en Capsule Hôtel.

Arrivée à l’étage des femmes –strictement interdit aux hommes-, je découvre des capsules à n’en plus finir. On se croirait dans un film de science-fiction. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Arrivée aux douches… Un grand couloir avec, à gauche, des casiers et à droite, des bancs. Et deux japonaises à poil, aussi à l’aise que si elles étaient en jean. Puis, au fond à droite, un grand bain chaud, et des petites douchettes avec au sol un tabouret et une bassine, ainsi que savon et shampoing. Je cherche les douches privées, j’ouvre la porte du fond. Les toilettes. Je cherche, bêtement. Ah. Ahhhh. Ah, oui. Je vois. Très bien. Tout le monde à poil, prenons notre douche ensemble, frottons-nous le dos et brossons-nous les cheveux! Oui. Mais pourquoi pas, soyons locaux, vivons tout nu et buvons du saké.
Kampaiii* !

 

Mes musts pour 5 jours à Tokyo** :
Photographier l’excentrique Harajuku
Voir un mariage traditionnel à Meiji Jingu
Manger dans un sushi-bar
Traverser le carrefour de Shibuya
Dormir dans un hôtel Capsule
Écouter les concerts pop de Shinjuku
Flâner dans les shops d’Akihabara
Découvrir le marché au poisson

Séjourner dans un ryokan
Essayer un bon bar à whisky

Le ryokan -très propre, situé dans le quartier de Pikachu :
1/3 Residence Akihabara Yashiki – Tokyo
5-2-11 Sotokanda Chiyodaku Tokyo, Tokyo-to, 101-0021, Japon, ‎01 57 32 46 88

L’hôtel Capsule -cheap, en mode backpacker :
Capsule Inn Kinshicho – Tokyo
130-0013 Tokyo Prefecture, Sumida-ku, Kinshicho 2-6-3

*Cheers!
**Vite dit, il y a encore tellement de choses que je n’ai pas eu le temps de voir/tester/goûter/visiter…