Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #3

Voici le dernier épisode des escapades de Caroline en Amérique du Sud… Destination Chili.

Chili

Je n´arrive pas à me satisfaire d´une ville, d´une région ou même d´un pays. Je veux tout voir, toucher, sentir… Mettre mes sens en éveil et m’émerveiller.

Jusqu’à présent, la seule activité qui ait réussi à combiner tous ces éléments est le VOYAGE ! C´est donc dans cet état d´esprit que je me suis envolée pour le Chili. A moi la traversée de ses 4 300 km de longueur au rythme de la Cueca (musique traditionnelle chilienne). En avant toute !

Je commence mon périple par Putre. Village verdoyant bâti aux pieds des volcans Taapaca et Ancoma, et perché à 3 561 m d´altitude, il fut créé à l´époque coloniale. Je m´engage alors dans ses rues pavées à la recherche de ses trésors architecturaux. Grilles en fer forgé, portes en pierre et autres vestiges me transportent au XVIe siècle, date de sa fondation. Ce soir, je m´endors tôt, légèrement étourdie par l´altitude. Allez hop au lit ! Ça ira mieux demain !

Ma découverte de l´Altiplano continue avec la visite du Parc Lauca. Situé à l´est de la région d´Arica, il s´étend sur pas moins de 137 883 hectares de faune et de flore. Mes petites jambes s´aventurent à parcourir une mince partie de cette ancienne Réserve Mondiale de Biosphère. Je passe devant plusieurs volcans ! Ils sont tous endormis… Mais pour combien de temps ? Je vous conseille le Parinacota qui s´élève à 6 342 m. Saisie pas ces paysages de grande beauté, je décide de m´attarder sur le lac Chungará, l´un des plus hauts lacs du monde (4 570 m !) jusqu´au coucher du soleil… Sous mes yeux, un ciel rouge oranger qui dépose ses reflets sur le lac, saisissant ! Je sais déjà de quoi seront ponctués mes rêves sur le chemin pour San Pedro de Atacama…

Après une vingtaine heures de bus, je pose enfin mon backpack dans le village aride de San Pedro de Atacama. Attention bing bing bing !! A ne surtout pas confondre avec le désert d´Atacama dans lequel se trouve le village. Je m´enchante de son dynamisme communicatif du où vivent 5.000 âmes. Ses maisonnettes en adobe (brique de terre crue et de paille cuites au soleil) me charment et l´église San Pedro me rappelle l´époque coloniale.

Arrivée au marché artisanal, un amas de feuilles attire mon regard… Serait-ce ?!! Oui, le graal des montagnes est là, je le touche enfin : les feuilles de coca ! Manquantes à mon kit de survie, je m´en achète une poignée pour mes futures ascensions. Le lendemain, de bonne heure et de bonne humeur, je m´éloigne du village en direction de la Vallée de la Lune ou je passe devant des formes géologiques divertissantes. Mais le moment phare de cette excursion reste la montée de la Duna Mayor, haute dune de sable gris qui jouit d´une vue à 360 degrés sur la Vallée de Lune, le Salar d´Atacama et les volcans, WOW effect garanti !

Laguna Cejar 02, Salar de Atacama, Chili

Le Chili me fascine de plus en plus… Je me retrouve à Copiapó après 12 heures de bus. Nichée au centre du désert d´Atacama (pas le village… Cachái – tu vois), la ville minière m´accueille avec sa gare datant du XIXe siècle. La ville, ses églises et musées valent le détour mais je préfère en sortir pour aller m´amuser sur les quelques 240 km2 de dunes de sables qui s´étalent de la côte pacifique jusqu´à la Cordillère des Andes.

Après une bonne nuit de sommeil, je décide de visiter le Parc Nevado Tres Cruces. Je trouve une excursion et monte en voiture pour 150 km sur la route n° 31. Je suis bien contente d´avoir mes feuilles de coca en back-up. Eh oui, le parc se situe à 3 700 m d´altitude et couvre pas moins de 590 km2. La Laguna Santa Rosa et le sud du Salar Maricunga constituent les principaux attraits touristiques de la partie nord du parc. Je rentre à Copiapo pour la nuit, mon port de base depuis 2 jours. Dès le soleil levé, je quitte ma nouvelle région coup de cœur pour la côte pacifique. Ma destination ? Bahia Inglesa. A quelques kilomètres du port de pêche de Caldera, je profite d´une eau turquoise qui n´a rien à envier aux plages des Caraïbes !! Après mon premier bain dans l´océan Pacifique, je visite le nouveau parc paléontologique de la station balnéaire.

Bahia Inglesa, Copiapo, Chili

Depuis le début de mon voyage, j´attends avec excitation de découvrir Valparaiso. Sublimée par la poésie de Pablo Neruda, la ville mythique s´étend sur des collines pleines de charme auxquelles s´accrochent des maisons multicolores. Je me vois déjà m´installer dans l´une d´entre elles. Valparaiso m´enveloppe, je m´y sens bien !

Je poursuis ma visite en prenant le funiculaire El Peral qui me dépose sur le Paseo Yuguslavo de la colline Alegre. Perdue dans ce dédale de petites rues, j´accède enfin au Paseo Gervasoni ; façades peintes, escaliers colorés et vue sur Viña del Mar finissent de me charmer. Perchée sur mon petit nuage, je descends vers la ville basse par l´avenue Almirante Brown et ses rues commerçantes.

Valparaiso, Cerro Artilleria, Chili

Le soir venu, on m´invite à une quinta escarpée où les locaux dégustent l´asado traditionnel au son de la Cueca, musique traditionnel chilienne. Des couples de 7 à 77 ans se succèdent sur la piste, armés de leurs pañuelos, élément indispensable. Un ballet joyeux se déroule sous mes yeux. Ni une ni deux, je me lance sur la piste et me laisse emporter par la frénésie communicative de cette soirée mémorable, bacán (génial) !

Mon planning serré ne me permet pas de visiter les vallées de Casablanca ni de l´Aconcagua, prisées pour leurs caves.

Le lendemain, je prends le bus pour Santiago de Chile. Les reliefs bétonnés de la capitale chilienne se dessinent alors que je gagne la gare routière. Je m´arrête devant un panel de plans de la ville. Un attire mon regard : Tour 4 Tips, un concept sympa qui propose aux touristes de réaliser une visite de 3 heures. 2 tours sont proposés : lieux phares et le décalé. A la fin, les participants sont invités à donner la somme qu´ils souhaitent. Je choisis le premier. Rendez-vous à 15 heures devant le Musée des Beaux Arts avec mes guides Wally. Immanquables, ils portent un t-shirt rayé blanc et rouge comme dans les livres-jeux Où est Charlie ? Nous échangeons quelques banalités en attendant la dizaine de curieux ayant optés pour cette alternative aux classiques visites guidées.

Catedral Metropolitana, Santiago, Chili

Durant ces 3 heures, nous passons par le quartier Lastarria, les quartiers Paris – Londres, la Moneda, la Plaza de las Armas, la Santa Lucia, la Cathédrale de Santiago, le quartier Bella Vista et ses bars, le street-art… Les nombreuses haltes nous en apprennent toujours plus sur l´histoire du pays. Arrivés dans une galerie commerciale, nos guides nous surprennent en nous présentant les cafés con piernas. Quézaco ? Ces cafés proposent aux clients, plutôt masculins, d´être servis par des belles femmes parfois légèrement vêtues… Ah bah voyons !

Amateurs de vins, bonjour ! Multiples sont les lieux où savourer un cru chilien. Aux alentours de Santiago, la Vallée de Maipo abrite des bodegas spécialisées dans la production du cabernet sauvignon, cépage emblématique de la région. C´est ainsi que je visite la cave Concha y Toro fondée en 1883 et apprécie mon premier vin chilien dans un magnifique parc paysager.

Mon escale dans la région métropolitaine s´achève. Une nouvelle nuit de voyage. Demain, je me réveillerai en Patagonie des lacs. Au petit matin, Puerto Montt et son port me saluent. Les aficionados (moi comprise) de saumon sont servis, ici, la production du poisson est très développée ! Après mon déjeuner iodé, je m´élance vers le Parc National Alerce Andino. La forêt verte qui couvre 39 255 hectares accueille des cyprès de plus de 40 mètres mais aussi le copihue, fleur nationale du pays de couleur rouge. A 30 km de là, Puerto Varas, ville accueillante et dynamique (bars, restaurants, jardins, théâtre,…) au bord du lac Lianquihue. Près de ce dernier, un autre parc attire mon attention. Le parc Vicente Perez Rosales est le plus ancien du Chili et le plus saisissant ! Les cascades de Petrohué et le lac couleur émeraude Todos los Santos mettent la barre haute… A suivre !

En Patagonie des Lacs, l´Île de Chiloé est connue pour être la plus grande d´Amérique du Sud. Sur 180 km de long, habitants et visiteurs privilégiés se côtoient dans un environnement préservé de la modernité. Ainsi les maisons en bois et pilotis datent de la fin du XIXe siècle. Les chilotes prennent également soin de maintenir leurs traditions, notamment par des fêtes traditionnelles au cours de l´année.

Gourmande que je suis, j´ai savouré la spécialité locale, le curanto, savant mélange entre fruits de mer, viande et légumes, miam !!

L´ île abrite un parc national verdoyant portant son nom où se mêlent dunes, lagunes, grandes plages, faune et flore. Un petit conseil, pensez à prendre un imperméable sous le coude car il y pleut très souvent…

Cap vers le sud, je m´émerveille face à la belle dame nature qui défile jusqu’à mon arrivée à Puerto Natales. Dans cette province au doux nom d´Ultima Esperanza (Dernier Espoir), je parcours 115 km sur une route non goudronnée pour arriver au Parc Torres del Paine. Mon périple depuis les terres arides du Chili ne cesse de m´étonner. Je m´évade dans cette biosphère aux milles visages : forêts, vallées, montagnes, glaciers, cascades ainsi que les trois pics granitiques qui ont donnés leur nom au parc, tout cela dans un dégradé de couleurs. Mes sens bouillonnent, à gauche, à droite, chaque vue vaut son pesant d´or !

L´intention fait l´action ! A défaut d´être allée sur l´Île Rapa Nui, alias Île de Pâques, j´ai tout de même collecté quelques informations auprès de mes compagnons de voyage. Allez je les partage avec vous ! L´ île la plus isolée du monde est à 3 700 km des côtes chiliennes et recèle les trésors fascinants du peuple Rapanui. L´Île de Pâques surprend tout d´abord par son aéroport qui la traverse de par et d´autres entre le volcan Orango et la ville d´Hanga Roa.

Site archéologique à ciel ouvert, l’île compte 887 statues moaï dont la quasi-totalité ont été sculptées dans l´asphalte du Volcan Ranu Raraku.

Ile de Pâques, Chili

Il est conseillé de voir le volcan Ranu Kau, qui abrite un cratère de 2 500 m d´envergure où loge un lac profond de 200 m. Les photographes ne se feront pas prier pour capturer le spectacle des grottes proches du site Ana Kai Tangata.

Deux plages, l´une de sable rose Ovahe et l´autre de sable Anakena, se distinguent par la présence de deux sites archéologiques : l´Ahu Ature Huki et l´ahu Nau Nau.

Au fort héritage spirituel, l´Île de Pâques garde précieusement légendes et secrets qui contribuent à sa notoriété. Une chose est sûre, un jour j’írai !
Retrouver le guide de voyage complet sur le Chili sur le site de l’agence Chile Excepción.
Infos pratiques sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #2

Elle nous a donné envie de faire nos valises en nous racontant l’Argentine, Caroline est de retour ce mois-ci pour une nouvelle escapade en Amérique Latine…

Bolivia_1

Lorsque j’ai quitté la France pour l’Argentine, je me suis retrouvée seule face à moi-même. Je suis sortie de ma zone de confort. Fraîchement adulte, j’avais à nouveau 4 ans. Réapprendre à parler, intégrer de nouveaux codes et de nouvelles règles, se sociabiliser, voilà les défis de l’expatrié. Et puis au bout de 6 mois, 1 an, 3 ans, on se rend compte qu’on est complètement immergé dans son nouveau pays. Seuls encore les quelques bribes d’accent franchute et le sobriquet que vous ont donné vos amis locaux indiquent que vous n’êtes pas né ici, vous êtes la french porteña.

Laburo, gimnasio et asado rythment votre quotidien et les petites curiosités argentines ne vous surprennent plus autant qu’avant ? Serait-ce le début de la fin ? Pourtant, vous l’avez juré, l’Argentine, c’est hasta siempre. Et puis là, d’un coup, l’évidence s’impose : l’expatrié peut aussi voyager. Ce que dont vous avez besoin, c’est une bonne rasade de choc culturel. Bref, tout ça pour dire que j’ai pris mon sac dos et que je suis partie 3 semaines en Bolivie.

Après quelques heures d’avion, me voici dans le poumon vert de l’Amazonie, la terre natale du petit Mimi-Siku. Telle une citadine dans la jungle, je découvre un endroit préservé de la civilisation et de ses dérives. Adieu Facebook, Twitter et autres applications chronophages. Dans le parc national Amboró, je me sens l’âme d’une Indiana Jones face aux lianes qui barrent mon chemin. Les paysages et les animaux sauvages que je rencontre au fil des sentiers n’ont pas besoin de filtre Instagram pour m’émerveiller. Je ferme les yeux et me laisse bercer par la douce mélodie des cascades et le chant des toucans. Un singe curieux me sort de ma torpeur en essayant de me chiper mon goûter ! Le guide m’avait prévenu : ici, je suis soumise à la loi de la jungle, n’est pas Mowgli qui veut !

Cap au sud, à Tarija, le point de départ de la route des vins. Moins réputés que les grands crus argentins ou chiliens, les vins boliviens gagnent à être connus. J’enfourche mon VTT et dévale les vallées verdoyantes de Tarija. Premier arrêt dans une bodega et je déguste mon premier malbec bolivien, puis s’enchaînent d’autres caves et d’autres cabernet sauvignon, merlot, syrah… – l’abus d’alcool est dangereux pour la santé – Je suis surprise par leur arôme riche ; les vignerons m’expliquent que les vignes d’altitude sont exposées plus intensément aux rayons ultraviolets d’où cette saveur sucrée au palais. Avant de repartir vers d’autres contrées, je goûte à mon premier Poncho Negro, un mélange de singani, la liqueur nationale, et de Coca-Cola. Ça me change de mon sempiternelle Fernet Coca argentin !

Copacabana, Lac Titicaca, Bolivie 02 - Crédit Bolivia Excepcion

Je poursuis mon périple en direction de Sucre, la ville du sourire. Ville du sourire me dites-vous ? Peut-être parce-que ses murs d’un blanc étincelant rappellent étrangement les sourires ultra bright des publicités pour dentifrice ! Blague à part, Sucre est une charmante ville coloniale au patrimoine historique passionnant. Fondée au XVIe par les Espagnols, la « Ciudad blanca » fut le berceau des luttes révolutionnaires boliviennes. Première ville de Bolivie libérée du joug espagnol, elle prend le nom de son libérateur vénézuélien. En parcourant les ruelles de la ville, je découvre de somptueux édifices coloniaux comme la basilique San Francisco et l’église San Lazaro. Mais à Sucre, il n’y a pas que les murs qui sont blancs, les nuits le sont aussi ! Le soir venu, je me rends dans la calle Nicolas Ortiz à la recherche d’un endroit où siroter une bière. Bonne pioche, j’entre dans le Kultur Kafe Berlin où la musique folklorique bat son plein. Notre nuit se termine dans une peña, une boîte de nuit à la sauce bolivienne. Le dimanche, à une centaine de kilomètres de Sucre, le charmant village de Tarabuco accueille un des marchés les plus typiques de la région. J’en profite pour faire le plein d’étoffes colorées (aguayos), de pulls en alpaga et de feuilles de coca pour la suite du voyage. Une vraie caverne d’Ali Baba !

Proxima estación : Potosí. «Je suis la riche Potosí, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois » voilà ce qu’indique la pancarte à l’entrée de la cité minière. Le ton est donné. Ancienne Eldorado, Potosí fut autrefois l’une des villes les plus riches d’Amérique Latine. La raison ? La présence du Cerro Rico, la montagne qui surplombe la ville et qui durant des siècles a alimenté la couronne espagnole. Les réserves d’argent épuisées, les colons sont partis laissant la ville à l’abandon et les mines aux coopératives de mineurs. C’est avec émotion que je m’engouffre dans l’une des galeries souterraines taillées à coups de pics et de pioches par des indiens et des esclaves africains durant des siècles. Me voici dans l’univers de Germinal. Le corps courbé en deux, un casque et une lampe sur la tête et les pieds dans l’eau je tâche de m’orienter à travers le labyrinthe de la mine. Des gaz nocifs s’échappent des galeries, l’air y est presque irrespirable et il fait une chaleur insupportable. Arrivée au fond de la mine, nous offrons quelques feuilles de coca aux travailleurs des profondeurs ainsi que des offrandes à la Pachamama, la déesse de la terre. Très superstitieux, les mineurs croient aux dieux et aux diables. Impossible de rester insensible face aux conditions de travail de ces gamins boliviens. C’est sûrement le moment le plus marquant de mon voyage.

Laguna Verde, Bolivia

Autres moments forts de mon périple bolivien : le salar d’Uyuni. Le salar d’Uyuni, vous le connaissez déjà, vous l’avez vu sur les incroyables photos façon illusions d’optiques du compte Facebook de Régis, votre copain baroudeur. Longue de 12 500 km², cette immense étendue saline d’un blanc étincelant accueille les hordes de touristes désireux d’avoir eux aussi, une profile picture digne de Régis. Après avoir traversé les plateaux boliviens en 4×4, nous arrivons dans cet endroit féérique, au programme : étendue saline à perte de vue et blancheur immaculée. « Non, attends ! Mets-toi là, je te dis ! A droite, un peu plus à droite… Avance un peu, encore un peu. Oui, voilà ! » A l’instar des touristes (et de Régis), je veux aussi ma photo portrait. Après un tas de poses inimaginables, notre guide nous conduit jusqu’au cimetière des trains où rouillent au soleil une dizaine de locomotives et de wagons. Mais dans ma tête, je suis encore entre ciel et terre, à Uyuni.

Le Sud Lipez et la route des joyaux, rien que leurs noms font rêver…C’est au sud-ouest de la Bolivie, près du salar d’Uyuni que se cache cette région fascinante. Dans l’immensité de ces monts arides et désertique, les sites se succèdent et ne se ressemblent pas. Telle une palette de peintre, le désert de Dalí – il porte bien son nom – se pare de toutes sortes de couleurs surnaturelles. Il y a les eaux couleur rubis de la Laguna Colorada, les eaux nacrées de la Laguna Honda et les eaux couleur saphir de la Laguna Cañapa. Autour des oasis, les mouettes andines et les flamants roses viennent s’abreuver. On se croirait dans le Peuple migrateur ! Au détour de la route, on croise un lama solitaire comme pour nous rappeler qu’on est bien en Bolivie et non sur une autre planète.

Ile flottante,  lac Titicaca, Bolivie

Mon aventure bolivienne se termine à la frontière de la Bolivie et du Pérou, dans un endroit dont le nom m’a bien fait rire lorsque j’étais petite : le lac Titicaca. Niché à 3 800 m d’altitude, le lac Titicaca peut se targuer d’être le plus haut lac navigable du monde ! C’est à Copacabana (à ne pas confondre avec une célèbre plage brésilienne) que je pose mon sac à dos. Cette ville tranquille située aux abords du lac est un lieu de pèlerinage important en Bolivie. Elle accueille à Pâques, des milliers de pèlerins venus prier la Vierge Noire, symbole du fort syncrétisme religieux qui règne dans le pays. Je décide de visiter la Isla del Sol et embarque à bord d’un petit bateau. Le trajet est affreusement lent mais les paysages somptueux traversés en chemin me font prendre mon mal en patience. Une fois débarquée, je découvre les ruines de Pilkokaina ainsi que les escaliers de Yumani. Après ce voyage dans le temps, je me rends dans un petit restaurant avec vue sur le lac. Au menu, une sopa de mani, une soupe à base de cacahuètes, de pommes de terre et de viande de bœuf. Miam ! Avant de repartir, une tisseuse me raconte les légendes du lac. Certains prétendent qu’il abrite les vestiges de la cité d’Atlantide. Je reprends la route laissant derrière moi un lieu magique où le temps semble s’être arrêté.

Dernière halte à la Paz, la capitale la plus haute du monde avant de prendre mon avion pour Buenos Aires. Le tumulte qui règne dans la métropole me sort soudain de ma torpeur voyageuse, retour à la réalité. Je quitte un pays à l’authenticité rare, un savant mélange de paysages d’exception, de multiethnicité et de traditions ancestrales. Ça y est, j’ai eu ma rasade de choc culturel, je peux rentrer à la maison.

Pour continuer le voyage, vous pouvez consulter le guide de voyage en ligne de Bolivia Excepción sur www.bolivia-excepcion.com.

Pendant ce temps là, de l’autre côté… – Episode #1

A chaque rencontre, chaque voyage, notre bucketlist n’a de cesse de s’allonger. J’ai trois voyages de retard, des kilos de photos à vous montrer et de belles découvertes à vous raconter. A Hong Kong, les jours défilent à une allure délirante, les projets s’enchaînent et le temps me manque pour vous parler de mes dernières escapades.

Ce mois-ci, nous partirons donc dans le sac à dos de Caroline, une amoureuse de l’Amérique Latine qui nous emmène découvrir ses terres mystérieuses et colorées. Je reviens très vite…

Pumamarca,-Nord-Ouest-Argentin

Ô toi voyageur qui a osé t’aventurer en terres argentines, ô toi baroudeur, ô toi expatrié, prépare-toi à susciter les interrogations de la nation soleil qui étonnée de ta présence te demandera « Mais pourquoi ? Mais pourquoi toi le Français*, toi qui viens du premier monde, as-tu décidé de poser tes bagages en Argentine ? » Si tu connais déjà la querida Argentina, tu sais très bien de quoi je te parle, nul doute que tu reconnaîtras ce qui rend ce pays si spécial dans les lignes que tu t’apprêtes à lire. Tu ne sais pas ce que signifie les termes buena onda, lunfardo** et asado ?

Allez viens, je t’emmène…

Tango à San Telmo

Avec sa voix forte, ses grands gestes et son « che boludo », l’Argentin se distingue aisément de ses congénères latino-américains. Cependant, le réduire à seulement son accent, sa gestuelle expressive et son langage fleuri ne serait qu’une vilaine caricature semblable aux descriptions parfois si sommaires des guides de voyage. Être Argentin c’est tout d’abord être issu d’un brassage de populations venant d’Italie, d’Espagne et de tout le reste de l’Europe. On n’oubliera pas de citer les communautés indiennes présentes depuis belle lurette sur le continent américain. L’Argentine est un véritable melting pot culturel et je peux te dire que l’Argentin, il en est fier de ses origines. La mère de grand papa était croate, le père de la novia (petite amie) a une grande tante française et la grand maman de la petite nièce de la voisine a des aïeux espagnols. Tu me suis toujours ?

L’Argentin est également réputé pour sa buena onda autrement dit, sa positive attitude. Grand adepte d’embrassades chaleureuses, il est toujours prêt à donner un coup de main. Et oui mesdames, bienvenue au pays du mâle avec un grand M, du Don Juan, du mateur pas discret, je vous aurais prévenu ! Autre caractéristique, l’Argentin est un touche à tout. Très curieux et nécessitant un quota d’heures de sommeil digne d’un chef d’état, le latin le plus européen d’Amérique du Sud (sobriquet qu’il aime parfois se donner et qui fait enrager ses voisins…) travaille, va à la fac, dépose les enfants à l’école, prépare l’asado dominical tout en prenant des cours de peinture, de claquettes, de tir à l’arc, de russe, de calligraphie et d’ipad (véridique). Pfiou…

Village-de-Humahuaca,-nord-ouest-argentin

Outre ses sympathiques habitants, l’Argentine c’est aussi des paysages grandioses dignes des plus grandes épopées, sans oublier une faune et une flore très diversifiées. Commençons par le nord-ouest argentin, aussi connu sous le nom de NOA. Avec ses roches, ses vallées et ses canyons rouges et ocres, difficile de ne pas penser au far west américain lorsqu’on franchit la Quebrada de Humahuaca et la Quebrada de las Conchas. La comparaison s’arrête ici car le nord ouest, c’est la simplicité et l’authenticité. Les villages pittoresques de Cachi et Cafayate en témoignent. Cette région est certainement un de mes plus beaux souvenirs de voyage.

Changement de décor, je t’invite maintenant à me suivre dans le sanctuaire de la baleine franche australe, la péninsule Valdés. C’est à Puerto Pyramides, entre juin et décembre, que le mammifère marin aux dimensions cyclopiennes vient compter fleurette à ses semblables puis mettre bas l’année suivante. A défaut de nager avec les dauphins tu pourras nager avec… des lions de mer ! Ca plonge, ça refait surface, ça mordille, ça tourne, ça replonge… On ne sait plus où donner de la tête face à ces affectueux chiens aquatiques. A ton tuba !

femelle-éléphant-de-mer,-péninsule-de-Valdes

Mais je ne pourrais pas parler de l’Argentine sans évoquer Buenos Aires, la capitale où il fait bon vivre. Premier bon point, son offre culturelle illimitée : musées, théâtres, cinémas, centres culturels… Impossible de s’ennuyer dans la métropole portègne. Les plus gourmands (gordito en espagnol) et les plus assoiffés (borracho, je vous laisse chercher la traduction…) seront ravies d’essayer ses nombreux bars et restaurants. On y mange de tout et à n’importe quelle heure ! Buenos Aires est une ville résolument éclectique avec des quartiers à l’identité bien définie : la Boca et ses maisons colorées façon carton-pâte ; San Telmo, ses antiquaires et ses rues pavées; Almagro, berceau de Carlos Gardel, le roi du tango; Palermo la it girl fashion et branchée ou encore Puerto Madero, tout en buildings et réserves vertes. Attention, tester Buenos Aires, c’est risquer de l’adopter… Alors, cap ou pas cap ?

Ttt-ttt-ttt… Ne me tente pas, Caroline…-

La Boca

Je m’adresse ici aux gorditos (si tu m’as bien suivi, tu devrais savoir ce que cela signifie !), les aficionados de la bonne chère, les purs, les durs, les vrais : ceux qui ne peuvent pas visiter un pays sans avoir goûté à toutes ses spécialités. Car oui, l’Argentine ravira les papilles de toutes les bouches gourmandes. Au nord, les plats ont des saveurs métissées entre locro (sorte de ragoût de viande et d’haricots blancs); tamal (préparation de viande et d’oignons le tout enveloppé dans une feuille de maïs) et empanadas salteñas (chaussons fourrés à la viande). Qué rico ! (Miam quoi). Les Argentins ont également un péché mignon, consommé à tous les âges, le dulce de leche ! Quésaco ? Véritable bombe calorique, cette gourmandise sucrée est l’équivalent de la confiture de lait. Viennoiseries, chocolats, gâteaux, biscuits… Le dulce de leche est vraiment partout !

Enfin, impossible de parler de la gastronomie argentine sans évoquer la viande de bœuf argentine : la carne argentina. Faux filet, saucisse, boudin noir… Végétariens, passez votre chemin ! Si tu es relativement buena onda (tu me suis toujours ?) tu seras peut-être invité à un asado, sorte de barbecue made in Argentina. Attention, pas touche au barbecue ! Ici, l’asado est presque une religion et le statut d’asador (le maître de maison) se mérite. Petite question pour terminer cette parenthèse culinaire. Sais-tu ce que l’équipe de football d’Argentine a apporté par centaine de kilos lors de la Coupe du Monde au Brésil? Tic tac tic tac… Tu sèches ? Il s’agit de yerba maté, sorte d’infusion énergisante très consommée par la population argentine. Ojo (attention) ! Son goût amer peut parfois surprendre…

Chutes-d'Iguazú

L’Argentine, c’est aussi des curiosités comme les promeneurs de chiens, les telos (auberges de transit), les supporters de football, la chirurgie esthétique… Mais ça, c’est une autre histoire…

Comme le dit les paroles d’un célèbre chant d’ambiance, « être Argentin, c’est un sentiment ». Alors, ô toi imprudent voyageur, oseras-tu poser tes valises dans ce pays aux charmes envoûtants?

 

* interchangeable avec un grand nombre de nationalités de l’hémisphère nord

** argot argentin

Pour continuer le voyage, vous pouvez consulter le guide de voyage en ligne d’Argentina Excepción sur www.argentina-excepcion.com.