La zénitude à son apogée

Kyoto#1
Kyoto, c’était le grand point d’interrogation de notre voyage. On s’en fait une idée calme et authentique, sans trop savoir. Et la réalité vient dépasser notre imagination. Comme souvent, au Japon.

La ville nous accueille avec des petites ruelles calmes, quelques passants à vélo et une pluie fine qui vient rafraîchir l’atmosphère. Il est tôt, nous avons pris le Shinkansen au lever du soleil. La ville dort encore, notre ryokan est fermé, un adorable voisin se propose de garder nos sacs pour la journée.

Impatients à l’idée de découvrir la ville, nous partons nous perdre dans le joli quartier de Gion. Soyons honnêtes, nous ne trouverons pas le quartier tout de suite, il faudra d’abord nous perdre et tourner en rond plusieurs fois. On ne s’en plaindra pas, puisque sans mon magnifique sens de l’orientation*, nous ne serions jamais tombés sur cet immense restaurant au jardin magnifique. Que je vous remette en situation: je voyage à Kyoto avec mon papa –un amoureux des jardins japonais-. Ici, premier choc, bam, des bonsaïs plein les yeux. Superbe. Avant de le visiter, nous dégusterons un magnifique tempura, une spécialité japonaise, légumes croquants frits dans une pâte pas salée, simplement délicieuse. Le service se fait en kimono traditionnel, par un personnel d’une gentillesse incroyable. Une fois dans le jardin, une Kyotoïte nous propose une visite guidée du lieu pour finir cette découverte en beauté.

Nous parviendrons finalement à notre but quelques heures plus tard, émerveillés, au cœur de Gion. Ruelles étroites, magasins artisanaux, locaux en costumes traditionnels, maisons de thé, odeurs alléchantes… Tout y est, il nous faudra peu de temps pour tomber amoureux de l’endroit.

Kyoto est une ville à échelle humaine. Après avoir vécu à Jakarta et à Hong Kong, et après un séjour à Tokyo, autant dire que ce facteur a été plus qu’apprécié. Chaque jour, nous pouvions aller d’un point A à un point B en marchant, du moins en ce qui concerne le centre ville. Ce qui nous a permis de revenir plusieurs fois dans ce quartier que nous avons particulièrement apprécié.

Arashiyama sera notre première escapade dans la campagne Kyotoïte. Au programme, de superbes temples à n’en plus finir, des jardins –on ne s’en lasse pas-, et la célèbre forêt de bambous, où nous croiserons la première Geisha de notre vie –une rencontre si intimidante que je n’ai aucune image-.

Le Japon, c’est comme partout: les touristes sont tous réunis autour du même temple, un véritable bain de foule. Et il suffit de marcher cinq minutes pour se retrouver seul dans un havre de paix. Coup de cœur particulier pour le jardin de la villa Okochi Sanso, un acteur japonais qui a créé un coin de paradis avec vue imprenable sur la ville. Nous avons eu la chance de pouvoir déguster un thé et un gâteau au wasabi dans sa belle maison de thé.

Nous marcherons ainsi jusqu’à épuisement de nos pauvres pattes. Sur la route, nous croiserons un restaurant d’un calme religieux, où nous mangerons des pizzas aux œufs de saumon étonnamment bonnes. La gérante du restaurant nous offrira deux paquets de meringues (délicieuses) pour célébrer l’anniversaire d’ouverture du restaurant. Elle est pas belle, la vie?

Escapade suivante et très attendue: les jardins de Daikokuji. Je ne vous cache pas que le trajet sera laborieux. Trouver le bon bus, se tromper, chercher, descendre trop tôt, marcher dans le mauvais sens, faire demi tour…

Une fois enfin arrivés, nous sommes affamés, tous les restaurants sont fermés. Le désespoir commence à se ressentir, jusqu’à ce que nous tombions sur un petit restaurant de sushis tout en bois, sublime, et vide. La serveuse nous accueille avec le sourire, nous prendrons deux plateaux de sushis végétariens. Le maître sushis les prépare devant nous avec minutie et passion, c’est un véritable spectacle, tout en silence. Magnifique. BEST. SUSHIS. EVER. Oh. My. God. Ah. La. La.

Après cet instant gastronomique inoubliable, nous prenons enfin le chemin des plus beaux jardins du monde. Un rêve se réalise pour mon paternel. Vous avez déjà vu votre papa réaliser l’un de ses rêves? C’est beau. Aussi beau que les jardins. Assourdissant de beauté.

Difficile de quitter ce lieu magique. Nous y passerons une après-midi d’une délicieuse sérénité.

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Nous sommes ivres de découvertes, Kyoto nous comble de merveilles. Ce n’est pas terminé, au sud de la ville, nous partons explorer l’un des temples symboles de la région, Fushimi Inari Shrine.

Que vous connaissiez le Japon ou pas, vous avez sans doute déjà aperçu ces enfilades de toriis rouges cachés dans la forêt. Le paradis, nous passons des heures derrières nos objectifs, à shooter, à attendre l’instant où les touristes disparaissent, une seconde de calme, clac, ils reviennent, ils prennent la pause. Nous jouerons à cache-cache ainsi jusqu’au coucher de soleil, après quoi le temple sera déserté. Sublime.

Cet article n’en fini pas de splendeurs… Comment vous parler de Kyoto sans vous parler de Ponto Cho? L’une des plus belles ruelles d’Asie, si l’on en croit la rumeur. Que je ne mettrais pas en doute… Il vous faudra vous y rendre pour comprendre, il n’y aura pas d’images, j’étais trop occupée à chercher un restaurant de sushis pour shooter**.

Oh, et il faut que je vous parle du jour où on a été boire le thé avec l’Empereur.

Après s’être fait refouler la première fois –il faut s’enregistrer au préalable, passeport et paperasse, il est exigeant cet empereur-, nous avons été visiter le Palais. Peu habitués des visites guidées et foules de touristes-appareil-autour-du-cou, la découverte du groupe de 40 blaireaux nous effraiera au premier abord. Puis le Palais Impérial parviendra rapidement à nous charmer. Tout est immense, démesuré. Nous visiterons également Sento Gosho, le petit jardin de Monsieur. Visite guidée en japonais s’il vous plaît –rien de personnel, mais il ne faut pas nous en vouloir si on décroche, Mr le guide. Les jardins sont gigantesques, moins charmants que les jardins secs de Daikokuji, mais très impressionnants.

Nous finirons la journée dans Nothern Higashimaya, où je ferai preuve de générosité en offrant un buffet français à des centaines de moustiques, qui s’en donneront à cœur joie. Les temples sont superbes, difficile de dire combien nous en avons visité, ils sont tous uniques, ils ont chacun leur truc, on ne s’en lasse pas.

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Le séjour se terminera sur une découverte en or –ah, ah-, le Golden Pavillon, autrement appelé Kinkukaji temple. Pour l’occasion, nous avons commandé le soleil, qui viendra nous offrir la lumière parfaite qui va bien sur les murs dorés du temple.

Comme toujours, les jardins environnants sont sublimes, taillés à la pince à épiler, d’une rigueur japonaise légendaire.

Après près d’une semaine de temples ancestraux et de jardins centenaires, l’une des découvertes les plus surprenantes dans ce Kyoto traditionnel et authentique sera sa gare. Si on fait les malins avec notre jolie gare d’Avignon, les Japonais ont du niveau à Kyoto. Nous y passerons deux heures de photos graphiques à travers les nombreux escalators, étages, plateformes, vues, reflets… Jusqu’au jardin sur le rooftop, « The Happy Park ». Une oeuvre d’art architecturale.

Nous terminerons notre séjour dans la campagne, après un sublime trajet en train jusque Kurama. Nous grimpons jusqu’au temple, d’où nous profitons d’une vue imprenable sur les montagnes. Un bonheur. Nous continuerons pendant une bonne heure, traversant des forêts d’allumettes, des racines démesurées, d’étranges insectes et des centaines d’escaliers. Arrivés de l’autre côté de la montagne, nous sommes à Kibune, où des dizaines de restaurants traditionnels sont installés sur la rivières, pour un repas les pieds dans l’eau. Lanternes, kimonos et temples à gogo. Un condensé de traditions japonaises avant de s’envoler pour Hong Kong.

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*C’est héréditaire, j’y peux rien. Merci Maman ;)
**Non, vraiment, il faut que j’arrête de parler bouffe.

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7 réflexions sur “La zénitude à son apogée

  1. Mielle dit :

    On ressent tout à fait cette zenitude dans tes photos. Elles sont magnifiques. Quand je les vois, je me dis que la réputation « zen » des jardins japonais est tout à fait fondée.

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